index alphabétique des paroles

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

 

– A –
A correr
(jensen/biehler/abadi/saboga)

bajo la nieve el calor
bajo la lluvia se estrecha el corazón
el che se fué a soñar a otros pagos
y el mundo sigue mirando pa’ otro lado
nada cambió
si sigo esperando
nada va a cambiar
si sigo caminando
a correr a correr a correr a correr a correr

cuando los chicos salgan a jugar
que no se meta el lobo en mi hogar
le voy a dar una paliza
y no le va a dar risa
le voy a dar un cheque en blanco
que se vaya a su banco
y que no vuelva más

cuando los chicos salgan a jugar
hay que dejar hay que dejar
que salgan que explote el corazón de mundo
no tenemos miedo
ya pasamos lo peor

bajo la nieve el calor
bajo la lluvia se estrecha el corazón
marti se fué a soñar a otros pagos
y el mundo sigue mirando pa’ otro lado
nada cambió
si sigo esperando
nada va a cambiar
si sigo caminando
a correr a correr a correr a correr a correr

cuando los chicos salgan a jugar
que el referí se quede en su placar
las nuevas reglas se inventan en la calle
que todos jueguen y que nadie se calle
bajo la nieve el calor
bajo la lluvia se estrecha el corazón
el che se fué a soñar a otros pagos
y el mundo sigue mirando pa’ otro lado
nada cambió
si sigo esperando
nada va a cambiar
si sigo caminando
a correr a correr a correr a correr a correr
a correr a correr a correr a correr a correr

À l’avenir
(jensen)

à l’avenir
nous serons parfaits
car nous serons faits
automatisée
la création
le don
la vie
les envies
Demain
nous serons parfaits
plus d’cancer
ni d’migraines
pas d’enfants
pas de gènes
pas d’génie
pas de chaînes
tous les mêmes
heureux comme des chiens

à l’avenir
je trinque à l’avenir

demain
nous serons parfaits
plus rien à découvrir
et plus rien à connaître
nous aurons juste à être
sans jamais être nés
mais question :
serons-nous aimés ?
saurons-nous aimer ?

demain
nous serons parfaits
nous serons
tous des frères
et des sœurs
de misère
des poussières
totalement
alignées
demain
nous serons parfaits
demain
nous serons parfaits

à l’avenir
je trinque à l’avenir

A maldade
(jensen)

Tem que cantar
Pra esquecer
A maldade
Dessa gente

Pequena
Que come
A metade
Da bola
Dos dois
Hemisfêrios
Do sul
Ou do norte
Ou dos dois
Da cabeça

Tem que cantar
Pra esquecer
A maldade
Dessa gente

Vazía
Do amor
Da vida
Ou da morte
Que é só
Movimento
Continuo
Mutante
Ambulante
Distante
Das guerras
Da terra

Tem que dançar
Pra entender
A beleza
Dessa gente

Da graça
Do rei
Da dança
Que touca
Tranquilo
Na noite
Demente
Batuque
Batuque
Badangue
Flor
Icandescente

À qui
(jensen)

à qui la fortune ?
à ceux qui te décrocheront la lune
à qui la beauté ?
à ceux qui te verront t’habiller
à qui l’allégresse ?
à ceux qui t’aideront à te faire tes tresses

fut un temps
où tintaient
les perles sur ton corps
fut un temps
imparfait
tu m’aimais
j’étais un autre alors

à qui les matins clairs ?
à ceux qui feront chauffer ta théière
à qui la douceur ?
à ceux qui sauront consoler tes pleurs
à qui le repos ?
à ceux qui dormiront collés contre ta peau

à qui le Walhalla ?
à ceux qui s’empareront de toi
à qui l’éternité ?
à ceux vers qui tu es allée

Ah l’amour
(jensen)

ah l’amour
ah l’amour
Y a rien à comprendre
On se fait toujours prendre
Chaque fois on dit c’est fini
Mais ça recommence ça recommence
Comme si on n’était pas averti

Margot
Elle a laissé son chum
C’était pas une moitié d’homme
Un grand blond un viking
Une armoire dans un living
Elle a embrassé Johnny
Mais elle s’est tout de suite repentie
John y était amoureux fou
Il s’est jeté dans un trou
Johnny est mort sur le coup
Elle est retournée dans son lit
Avec l’homme de sa vie
Qui l’a quittée six moi après
Pour son amie aux cheveux frisés

François
Avait trois amantes à la fois
Le lundi le mercredi le jeudi
Et le vendredi parfois
Il se tapait une extra
Il n’avait pas vu venir
Le coup de foudre le malheur
Son planning son agenda
N’était pas prévu pour ça
Il a dit à Nathalie
Qu’ils se verraient pas lundi
Et aussi à Valérie
Qu’entre eux deux c’était fini
Quand est venue cette fille
Plus belle que les lumières de la ville
Ils ont fait l’amour sur le canapé
Elle lui a dit c’est tout ce que je voulais
Merci mais compte pas me revoir
Elle est partie il faisait encore noir

Vincent et Sylvie
Se connaissent depuis qu’ils sont petits
Les vacances en Mauricie
Les premiers baisers en cachette
Les premières galipettes
Mais au pas de gymnastique
Ils ont grandi ils ont vieilli
Un jour elle lui dit adieu je te quitte
Je veux partir en Europe ou en Afrique
Je t’ai beaucoup aimé
Mais c’est terminé
Elle est partie elle a voyagé
Elle a trippé elle s’est cherchée
Quand elle est revenue
Vincent s’était suicidé
Elle n’a jamais trouvé personne
Capable de la consoler
Quelques fois elle a cru que ça allait arriver
Et plusieurs en ont eu le cœur brisé

On pourrait continuer
Michaël un autre François
Laurent, Marianne
Marie-Pierre
Tout le monde victime
De ses instincts de ses besoins légitimes
Mais dites-moi l’amour
Si c’est pas plus profond
Que toutes ces histoires où se mêle la passion
Et finissent en queue de poisson ?
Mais dites-moi l’amour
Si c’est pas plus profond
Que toutes ces histoires où se mêle la passion
Et finissent en queue de poisson ?

Allons nous promener
(jensen)

Allons nous promener
tous les deux mon amour
allons nous promener
je crois bien qu’il fait jour

allons nous promener
à la lumière des bombes
c’est beau comme l’été
la nuit jamais ne tombe

nous irons nous cacher
quand l’armée défilera
nous irons nous cacher
personne ne nous trouvera

allons faire l’amour
au rythme des tambours
allons faire les cons
au rythme des canons !

allons nous promener
je connais de belles ruines
parmi les champs brûlés
parmi les champs de mines

allons nous promener
et ouvrir notre cœur
sous l’œil de l’épervier
sous le feu des snipers

nous irons nous cacher
c’est le jeu que je préfère
nous irons nous cacher
dans le vieux cimetière

Allons nous promener
sous les caméras de surveillance
c’est maintenant ou jamais
prenons-nous des vacances

allons nous promener
à la lueur des bombes
c’est beau comme l’été
la nuit jamais ne tombe

nous irons nous cacher
quand les cons défileront
pour pas leur ressembler
nous nous déshabillerons

Allons
(jensen)

Allons nous promener
tous les deux mon amour
allons nous promener
je crois bien qu’il fait jour

nous irons nous cacher
quand l’armée défilera
nous irons nous cacher
personne ne nous trouvera

allons nous promener
à la lueur des bombes
c’est beau comme l’été
la nuit jamais ne tombe

Amiga ven aquí
(jensen)

Amiga ven aquí
Te quiero servir cerveza
A ti
Amiga ven aquí
Te quiero servir cerveza
A ti

La luna está llena
El vaso está vacío
La luna está llena
El vaso está vacío

Amiga ven aquí
Te quiero servir cerveza
A ti
Amiga ven aquí
Te quiero servir cerveza
A ti

El vaso está lleno
La luna está vacía
El vaso está lleno
La luna está vacía

Amiga ven aquí
Te quiero servir cerveza
A ti
Amiga ven aquí
Te quiero servir cerveza
A ti

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– B –
Branquinha
caetano veloso

Eu sou apenas um velho baiano
Um fulano, um caetano, um mano qualquer
Vou contra a via, canto contra a melodia
Nado contra a maré
Que é que tu vê, que é que tu quer,
Tu que é tão rainha?
Branquinha
Carioca de luz própria, luz
Só minha
Quando todos os seus rosas nus
Todinha
Carnação da canção que compus
Quem conduz
Vem, seduz
Este mulato franzino, menino
Destino de nunca ser homem, não
Este macaco complexo
Este sexo equívoco
Este mico-leão
Namorando a lua e repetindo:
A lua é minha
Branquinha
Pororoquinha, guerreiro é
Rainha
De janeiro, do Rio, do onde é
Sozinha
Mão no leme, pé no furacão
Meu irmão
Neste mundo vão
Mão no leme, pé no carnaval
Meu igual
Neste mundo mau

Blanche et petite
Caetano Veloso

je suis à peine un vieux bahianais
un untel, un caetano, un mec quelconque
j’avance à contre-sens, je chante contre la mélodie
je nage contre la marée
que vois-tu, que veux-tu,
toi qui es si princesse ?
Blanche et petite
carioca de lumière pleine, lumière
rien qu’à moi
quand tous tes roses nus
toute entière
incarnation de la chanson que j’ai composé
qui conduit
vient, séduit

ce mulâtre mince, cet enfant
est destiné à ne jamais être homme, non
ce macaque complexe
ce sexe équivoque
ce tamarin-lion
courtisant la lune et répétant :
la lune est mienne
Blanche et petite
petite grande-marée, il est guerrier
petite reine
de janvier, de Rio, d’où tu es
seule
la main sur le contrôle, le pied dans le gouffre
mon frère
dans ce monde vain

la main sur le contrôle, le pied dans le carnaval
mon égal
dans ce monde mauvais

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– C –

C’est du vent
(jensen)

Je pense mal je pense bien
Sans bagages on voyage plus loin
J’avais pas grand chose
Y a pas grand chose pour toi
C’est du vent
C’est pas la tempête
C’est l’histoire qui se répète
J’la laisse là

Étranger sur une terre
Étrangère ça veut dire
Faire la guerre à la mémoire
On hésite
J’hésite pour toi
C’est du vent
C’est rarement honnête
C’est l’histoire qui se répète
J’la laisse là

Je rêve de voyages denses
Où j’existe si je pense
Habitué à l’immense
On existe
J’existe pour toi ?
C’est du vent
C’est pas les trompettes
C’est l’histoire qui se répète
J’la laisse là

C’est pas nouveau
(jensen)

Je sais bien que quand tout se complique
On fait économie d’politique
C’est d’bonne guerre et bien plus efficace
Pour remettre le monde à sa place

C’est pas nouveau
C’est pas la peine
De faire ton homme
C’est pas nouveau
C’est pas la peine
De prendre ton gun
Y a jamais rien de bon qui en sort

Je sais bien qu’on n’sait rien de demain
Mais on peut prédire ça c’est certain
Les coups d’bottes, les bombes les coups de trique
Vont tomber loin d’ceux qui les méritent

Tu vois bien qu’on ne manque pas d’exemples
Le Che ou Stallone quelle différence
Si t’as pas le T-shirt ou l’poster
T’es pas un vrai révolutionnaire

Je sais bien que nous sommes tous des traîtres
Même si des gens heureux j’en connais
Ça veut rien dire j’en aime peut-être
Mais la mort viendra les balayer

Tu vois bien qu’on ne meurt pas pour rien
Un jour on va nourrir les jardins
Des maisons où sont nés tous les maîtres
Où naîtront tous ceux qui restent à naître

cada paso
(jensen)

cada paso yo lo dí sin querer cada vez
cada espacio me dejó diferente no lo vés ?
cada caso que se vio se verá al revés
cada abrazo me lo das de verdad sí o yes ?

cada beso que se dio quedará por ahí
cada dado revolcado dirá money money money
que le pasa a cada cosa que le dió por ser aquí ?
cada mueble cada casa nada será sans souci ?

cada paso cada espacio cada caso cada abrazo
cada beso cada dado qué le pasa a cada cosa ?
qué le pasa a cada cosa ?
qué le pasa a cada cosa ?

qué se vuelve cada perro ?
qué será del día de ayer ?
qué será del cementerio ?
De qué sirvió el placer ?

cada enigma que se calle no estará en ninguna mente
cada risa solitaria servirá porque no miente
cada herida que se cura es inútil finalmente
cada maga cada amiga cada amada nos oriente

cada encuentro con tu cara o con el viento es así :
cada rito que te lleve me llevará también a mí
qué le pasa a cada cosa que le dio por ser aquí ?
cada flor cada curiosa nada será sans souci ?

cada enigma cada risa cada herida cada maga
cada encuentro cada rito qué le pasa a cada cosa ?
qué le pasa a cada cosa ?
qué le pasa a cada cosa ?

qué se vuelve cada perro ?
qué será del día de ayer ?
qué será del cementerio ?
de qué sirvió el placer ?

cada enigma que se calle no estará en ninguna mente
cada risa solitaria servirá porque no miente
cada herida que se cura es inútil finalmente
cada maga cada amiga cada amada nos oriente

cada encuentro con tu cara o con el viento es así :
cada rito que te lleve me llevará también a mí
cada beso que se dio quedará por ahí
cada dado revolcado dirá money money money
qué le pasa a cada cosa que le dio por ser aquí ?
cada mueble cada casa nada será sans souci ?
qué le pasa a cada cosa que le dio por ser aquí ?
cada flor cada curiosa nada será sans souci ?

cada enigma cada risa cada herida cada maga
cada encuentro cada rito qué le pasa a cada cosa ?
qué le pasa a cada cosa ?
qué le pasa a cada cosa ?

qué se vuelve cada perro ?
qué será del día de ayer ?
qué será del cementerio ?
de qué sirvió el placer ?

qué se vuelve cada perro ?
qué será del día de ayer ?
qué será del cementerio ?
de qué sirvió el placer ?

Cajuína
Caetano Veloso

Existirmos: a que será que se destina?
Pois quando tu me deste a rosa pequenina
Vi que és um homem lindo e que se acaso a sina
Do menino infeliz não se nos ilumina
Tampouco turva-se a lágrima nordestina
Apenas a matéria vida era tão fina
E éramos olharmo-nos intacta retina
A cajuína cristalina em Teresina

Petit cajou
Caetano Veloso

exister : à quoi cela peut-il être destiné ?
car lorsque tu m’as donné la petite rose
j’ai vu que tu es un bel homme et que même si le destin
de l’enfant malheureux ne nous éclaire pas
la larme nordestine ne s’obscurcit pas non plus
la vie seulement était si fine
et nous étions notre regard intacte rétine
le petit cajou cristallin de Teresina

Cobra coral
Caetano Veloso
Waly Salomão

Pára de ondular, agora, cobra coral:
a fim de que eu copie as cores com que te adornas,
a fim de que eu faça um colar para dar à minha amada,
a fim de que tua beleza
teu langor
tua elegância
reinem sobre as cobras não corais

Serpent corail
Caetano Veloso
Waly Salomão

cesse d’onduler, maintenant, serpent corail :
pour que je puisse copier les couleurs avec lesquelles tu te pares,
pour que je puisse faire un collier pour offrir à mon aimée,
pour que ta beauté
ta langueur
ton élégance
règnent sur les serpents non-corail

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– D –
Dales de comer
(jensen)

Voy caminando hacia la ciudad
Estoy buscando la realidad
Pero me equivoco
La verdad no está
Ni está tampoco
La realidad

Voy desaciendo mi camino ya
Voy invententando ya lo que vendrá
Pero me equivoco
Mi camino está
Tambien está
Lo que ya vendrá

Cuando no hay mas vereda
Prefiero seguir
Por el camino
Cuando no hay mas camino
Prefiero seguir
Por el sendero
Cuando no hay mas sendero
Prefiero seguir
Haciéndolo
A golpe de machete a golpe de machete
Golpe de machete a golpe de machete

Dales de comer
Que sinó
Te comen a tí
Dales de comer que sinó
Te comen a tí

DE LA MAIN
(jensen)

Le lac
Le lac bleu
La pluie s’amoncelle
La nuit met les voiles
Chacun dort
Dehors
D’or et d’argent

L’étoile
Filante
S’étiole
Fil de laine noire
Mêlée de blanc
Le temps
Pendant
Un court laps de temps
S’étend
Attend
Tente
Le coup de l’éternité
Du moment

Instant
Intense
Saoûle le silence
Immense

L’âmère
Amertume
L’écume
Le sel
Le sable fin
La dune
Une brune
Dans les bras d’un marin

La lune
Leur fait un clin d’oeil
De la main

Decime you
(jensen)

Decime you’re right
Decime i’m bright
Decime lo que quieras
What you want to say
Decime bye bye
Decime goodnight
Decime lo que quieras
What you want to say
Decime get out
Decime get high
Decime lo que quieras
What you want to say

Pero no me digas
I love you i love you
Pero no me digas
It is true it is true

Decime paris
Decime new york
Decime lo que quieras
What you want to say
Decime get free
Decime get lost
Decime lo que quieras
What you want to say
Decime why
Decime why not
Decime lo que quieras
What you want to say

Decime lo que quieras
Decime lo que quieras

Pero no me digas
I love you i love you
Pero no me digas
It is true it is true

Decime tomorrow
Decime yesterday
What you want to say
Decime perhaps
Decime today
What you want to say

Pero no me digas
I love you i love you
Pero no me digas
It is true it is true

Deixa tudo
(jensen/saboga/abadi/biehler)

deixa tudo
deixa a menina
a carne androgina
que a mente imagina
demente
de cima de baixo de frente
não estou doente
deixa tudo
que ter não ajuda
não ter, não tem nada
pior neste mundo

mais quem já tem tudo
não pode nascer
não há de viver
e não tem porqué

eu não sou d’aquí
eu não tenho amor

i’m right here
i’m down
what can you hear
when you wear a crown ?

Demain j’m’en vais au Diable
(jensen)

Demain, je m’en vais au Diable
Son entreprise marche bien
Peut-être qu’il pourra m’embaucher
Et me payer en dessous d’la table
Faire le mal, moi j’fais ça bien
J’ai des ennemis très haut placés

Demain, je m’en vais au Diable
Je vais visiter ses quartiers
M’présenter à ses généraux
Les innocents sont des coupables
Qui ne savent pas ce qu’ils ont fait
Par moi ils le sauront bientôt

Demain, je m’en vais au Diable
Y a d’la business à faire c’est sûr
Même un aveugle le verrait
Même les borgnes sont condamnables
D’fermer l’œil sur la pourriture
Personne ne peut lui échapper

Demain, je m’en vais au Diable
J’vais lui soumettre mes idées
Kek chose comme une Apocalypse
Avec son logo immanquable
On fonde notre société
Et on s’fait coter à Wall Street

Demain, je m’en vais au Diable
On va envahir le marché
Vendre l’enfer sous toutes ses formes
Et y en a beaucoup de vendables
Quand on aura tout liquidé
Les bénéfices seront énormes
Tous les humains seront pendables
On leur propos’ra d’se rach’ter
Mais sachant le prix à payer
Aucun d’entre eux ne s’ra capable
De le payer de son vivant
À leur mort y r’joindront nos rangs
Demain, je m’en vais au Diable

Deusa do amor
Moreno Veloso

Tudo fica mais bonito quando você está por perto
você me levou ao delírio por isso eu confesso
os seus beijos são ardentes
quando você se aproxima o meu corpo sente
os seus beijos são ardentes
quando você se aproxima o meu corpo sente
Vem pra cá deusa do amor

Vejam o bloco Olodum ao passar na avenida
todos cantando felizes de bem com a vida
caminhando lado a lado
formamos um belo casal somos dois namorados
no suingue dessa banda
balança o mais forte alicerce que tem neste mundo
o cupido me flechou
foi no bloco Olodum que encontrei meu amor
Vem pra cá deusa do amor 
vem me embalar, neném

Déesse de l’amour
Moreno Veloso

tout devient plus beau lorsque tu es autour
tu m’as conduit au délire c’est pour ça que je confesse
tes baisers sont ardents
quand tu t’approches mon corps le sent
tes baisers sont ardents
quand tu t’approches mon corps le sent
viens ici déesse de l’amour

voyez la troupe Olodum qui passe dans l’avenue
tout le monde chantant heureux de la vie
marchant côte à côte
nous formons un beau couple, nous sommes deux amoureux
dans le groove de ce groupe
balance la plus forte fondation du monde
cupidon m’a lancé sa flèche
c’est dans la troupe Olodum que j’ai trouvé mon amour
viens ici déesse de l’amour viens me bercer bébé

Do you know (les grandes couleurs)
(jensen)

do you know I know you ?
you know I know
you do

do you hope I hate you ?
you hate I hope
you do

do you say I want you ?
you want I say
you do

do you feel I need you
you need I feel
you do

les grandes couleurs
sont muettes
pense à Klee
pense à Miro
pense à Van Gogh
à Riopelle

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– E –
El cogote
(jensen)

Hay que hacerlos bailar
Y mientras bailan
Hacerlos pagar
Hay que hacerlos bailar
Por el cogote

Que se venga la mafia
En toda impunidad
Bailar con sus amigos
De la casa blanca
Que traigan sus sonrisas
Y toda su familia
A ver como los tratan
Los que no tienen más

Hay que hacerlos bailar
Y mientras bailan
Hacerlos pagar
Hay que hacerlos bailar
Por el cogote

Que bailen los milicos
Si es que saben bailar
Y si es que no saben
Les vamos a enseñar
Un paso para adelante
Un paso para atrás
Que caigan los guerreros
Del hymno nacional

Hay que hacerlos bailar
Y mientras bailan
Hacerlos pagar
Hay que hacerlos bailar
Por el cogote

Yo les digo sí señor
Que son los yankis que bailan mejor
Yo les digo sí señor
Que son los argentinos que bailan mejor
No me digan por favor
Que son los cubanos que bailan mejor

Que también
Bailen los grandes
Los egoístas
Los atorrantes
Los terroristas
Que son los mismos que los que combaten
Que son los mismos que los que combaten

Hay que hacerlos bailar
Y mientras bailan
Hacerlos pagar
Hay que hacerlos bailar
Por el cogote

Que bailen los expertos
En exterminación
De cualquier govierno
De toda religión
Que ya es la última vuelta
Se acaba la canción
Preparen las corbatas
Tenemos educación

Ernesto
(jensen)

ernesto amor mío
quisiera verte aquí
en mi playstation
yo sería tu mano
y juntos como hermanos
hasta la revolución

ernesto amor mío
si volvieras digital
en la playstation
el mundo estaría contigo
hasta en estados-unidos
hatsa la revolución

ernesto amor mío
irás conquistando amigos
en la playstation
convertiras en hermano
el soldadito boliviano
hasta la revolución

ernesto amor mío
cuando ataque el enemigo
en la playstation
no te olvides comandante
que va el pueblo por delante
hasta la revolución

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– F –
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– G –
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– H –
hay que subir
(jensen)

no me importa cual será el precio
lo que sé es que hay que subir
para qué sobrevive el necio
yo no vivo para morir

hay que subir !
hay que subir !

yo no sé qué valdrá este mundo
si es el único en existir
pero no es nada del otro mundo
un día habrá que huir

hay que subir !
hay que subir !

el amor es lo más pesado
es dificil de compartir
y mas duro al ser humano
es cuando tiene que elegir

hay que subir !
hay que subir !

Hoy
(jensen)

Hoy vino la lluvia
Hoy vino la lluvia
La pluie est tombée
Yen a bien sûr qui protestent
La pluie est tombée
Moi j’ai sorti tous mes restes
La pluie est tombée
Et je lui lève ma coupe
La pluie est tombée
Elle m’a fait de la bonne soupe

Hoy vino la lluvia
Hoy vino la lluvia
Cantó sobre le techo
La lata y el viento
Sopló por las puertas
Ventanas abiertas

Hoy vino la lluvia
Hoy vino la lluvia
La pluie est tombée
Sans faire aucune distinction
La pluie est tombée
Sur les pauvres et sur les riches
La pluie est tombée
Sur les fumeurs de Havane
La pluie est tombée
Sur les fumeurs de haschisch

Hoy vino la lluvia
Hoy vino la lluvia
Lloró en la cocina
Que también es salón
Inundó el cuarto
Apagó el fogón

Hoy vino la lluvia
Hoy vino la lluvia
La pluie est tombée
Sur la peau des tambours
La pluie est tombée
Pour rythmer l’ordre du jour
La pluie est tombée
Germez, poussez, prenez tout
La pluie est tombée
La vie sera au rendez-vous

Hoy vino la lluvia
Hoy vino la lluvia
Lavó mis cabellos
Y toda mi loza
Con los restos de anoche
¡ Me hizo una sopa !

Hoy vino la lluvia
Hoy vino la lluvia

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– I –
iL
(jensen)

iL pleut sur Paris
iL pleut sur Québec
iL pleut sur Moscou
Et mes souliers sont secs
iL pleut dans les cours
iL pleut dans les rues
Mais elle, elle ne peut que pleurer

Si elle pouvait pleuvoir
Ça changerait l’Histoire
Mais elle va au cimetière
Pleurer ceux qu’on enterre
Elle reste à la maison
Pleurer d’vant les oignons
Et l’Histoire se dessine
Sans trace d’héroïne
Sans grand nom féminin
Parmi les assassins

iL pleut comme l’autre jour
Des roulements d’tambour
iL pleut des fanfares
Des sons militaires
iL pleut les trottoirs
Coulent comme des rivières
Il pleut aujourd’hui
Des balles de pluie
Mais elle, elle ne peut que pleurer

iL pleut ou iL vente
iL fait parfois beau
iL fait mauvais temps
iL fait c’que ça lui chante
iL peut bien faire froid
iL peut bien faire chaud
Mais elle, elle ne peut que pleurer

Si elle pouvait pleuvoir
Ça changerait l’Histoire
Mais elle va au cimetière
Pleurer ceux qu’on enterre
Elle reste à la maison
Pleurer d’vant les oignons
Et l’Histoire s’écrit
En prenant pour acquis
Que la gente féminine
Ne sait qu’être victime

Et l’Histoire se dessine
Sans trace d’héroïne
Sans grand nom féminin
Parmi les assassins

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– J –
J’ai gravi les collines d’Athènes
(jensen)

J’ai gravi les collines d’Athènes
J’ai pissé sur des pierres anciennes
J’ai parlé en anglais à Socrate, à Platon
J’ai bouffé un Macdo sur l’île des Tritons

J’ai exhibé mes fesses
Sur une plage de Tanger
J’ai bu du vin de messe
Et je me suis saoulé

J’ai gavé de peanuts le macaque du zoo
Et j’ai pris des photos des indiens Navajos
J’ai roulé à deux-cents
Sur l’périphérique nord
J’ai regardé l’écran
Tous les soirs vers huit heures

J’ai lu tout marcel prout résumé par mon chien
J’ai des actions en bourse pour avoir des gamins
J’ai un avis sur tout
La mondialisation
Les accords du Pérou
L’ONU les sitcoms
Le sommet à Rio
Le sommet à Kyoto
Et les accords du GATT
L’OTAN le Watergate le Koweït et l’Irak

J’sais que rien n’va changer
C’est le plus fort qui gagne
J’ai des enfers blindés
Et toi
Des paradis en pagne

J’ai pris le train
(jensen)

J’ai pris le train
Je suis parti sans crier gare
J’ai salué de la main
Quand est-ce que je reviens ?

J’ai pris le train
J’ai pris ton courrier au pied de la lettre
Nos transports ne menaient à rien
Quand est-ce que je reviens ?

J’ai pris le train
J’ai pris racine au loin
Je me cultive dans des bouquins
Quand est-ce que je reviens ?

J’ai pris le train
J’ai pris le taureau par les cornes que tu m’as faites
J’ai pris mon courage à deux mains
Quand est-ce que je reviens ?

J’ai pris le train
J’ai pris pour argent comptant chaque prise de bec
J’ai pris mon bonheur pour le tien
Quand est-ce que je reviens ?

Retour en haut

– K –
Retour en haut

– L –
L’échapper belle
(jensen)

J’veux faire l’éloge de la fuite
Je dis qu’il faut fuir en beauté
J’crois pas quand la lune s’éclipse
Qu’elle le fasse
pour se cacher
Faut tout s’permettre, faut s’donner d’l’air
On est la racaille ici-bas
Notre âme nous attend en enfer
Elle peut m’attendre moi j’irai pas
Car si ma vie vaut juste un clou
Moi je l’enfonce bien comme il faut
Dans le couvercle de mon cercueil
Pour qu’il ne s’ouvre pas de sitôt

Je pourrais bien l’échapper belle

Faudrait peut-être faire comme Robin
Et faire flèche de toute balle
N’importe quel mâle peut faire le bien
N’importe quel con peut faire le mâle
Les lois sont juste
faites pour les gens
Qui n’savent pas quoi faire d’leurs 10 doigts
Mets-donc plusieurs cordes à ton arc
Et pour une fois cible les marques
Tu as toujours été la cible
Donne-leur du fil à retordre
Va danser sur la corde raide
« Maîtres vos désirs sont des désordres »
Mais ça n’a rien de personnel

Tu pourrais bien l’échapper belle

Toutes les places devraient être libres
Et si tu t’déplaces attention
Si t’as pas de crédit crédible
Tu te bats contre une légion
Mon vieux faut tenir tête au diable
Pendant qu’on le tire par la queue
C’est pas facile mais c’est faisable
Il faut jouer sa vie tant qu’on peut
C’est la meilleure façon d’mourir
La meilleure d’être mis hors-jeu
Si tu es pris entre deux feux
Le mieux c’est d’te jeter à l’eau

On pourrait bien l’échapper belle

Prends donc tes aises elles sont à toi
Dis-toi que si tu les prends pas
Y aura toujours un M. Cigare
Pour te les voler tôt ou tard
Si tu peux allonge les chemins
Fais des zigzag dans ton destin
Cours ta chance, cours les dangers
Car si tu marches sur des œufs
Ils ne s’ront plus bons à manger

T’auras beau préparer ta fin
Elle te surprendra c’est certain

La bandera
(jensen)

no tengo casa
no tengo país
no tengo trabajo
no tengo que hacer
no tengo vecinos
no tengo camino
no tengo destino
no tengo razón

no tengo mujer en la casa
no tengo país
no tengo frontera

no temo la noche
no temo la risa
no temo la muerte
no temo la mía
no temo el deseo
no temo el delirio
no temo el infierno
ni el equilibrio

no tengo casa
no tengo país
no tengo trabajo
no tengo que hacer
no tengo vecinos
no tengo camino
no tengo destino
no tengo razón

no tengo mujer en la casa
no tengo país
no tengo frontera

quemaré la bandera
quemaré la bandera y no tengo

casa país trabajo que hacer vecinos camino destino razón

no temo la noche
no temo la risa
no temo la muerte
no temo la mía
no temo el deseo
no temo el delirio
no temo el infierno
ni el equilibrio
no temo el deber el derecho
no temo el castigo
no temo la lei

noche risa muerte mía

quemaré la bandera
quemaré la bandera y no tengo

La boucherie
(jensen)

La boucherie de mon quartier
Est un endroit tranquille
Il y fait frais
Même en été
Et la viande rutile !

Quand la bouchère me fixe
Un boudin dans les mains
Je me demande : « Qu’est-ce ?
Du lard ou du cochon ? »
Je n’me sens pas à l’aise…

M’imagine t-elle grillant
Au feu de sa passion
Ou dans la chambre froide
Parmi langues et rognons ?
Qu’a t-elle derrière la tête ?
J’suis pas dans mon assiette !

La boucherie de mon quartier
Est un endroit tranquille
Il y fait frais
Même en été
Et la viande rutile !

Quand le boucher me fixe
Son couteau dans les mains
J’en ai la chair de poule !
A-t-il vu mon manège ?
Je n’me sens pas à l’aise…

Y m’fait peur l’animal
Et je sens le métal
Courir sur ma peau
Effleurer mon squelette
Et découper mes os !
J’suis pas dans mon assiette !

La boucherie de mon quartier
Est un endroit tranquille
Il y fait frais
Même en été
Et la viande rutile !

La tête de veau me fixe
Depuis son présentoir
Comme si on était des frères !
Serais-je un mouton noir ?
Je n’me sens pas à l’aise…

J’imagine mon corps
Distribué dans la pièce
Par ici une cuisse
Par là quelques côtelettes
Mon cœur, mon foie, ma tête
J’suis pas dans mon assiette !

La boucherie de mon quartier
Est un endroit tranquille
Il y fait frais
Même en été
Et la viande rutile !

Quand le miroir me fixe
Du fond du magasin
J’préfère pas regarder
J’ai peur d’y voir tracés
Tous les plans de découpe
Sur mon corps dépecé
Je n’me sens pas à l’aise

Et quand arrive mon tour
De me faire servir
J’me sens vraiment plus bien
J’détale comme un lapin
Je n’veux pas qu’on m’apprête
Avec d’la ciboulette !

la guerre
(jensen)

c’est la guerre
je m’étais endormi
depuis des millénaires
il y a des incendies
c’est la guerre
c’est l’après-midi
qu’est-ce que je pourrais faire ?
je crois que je m’ennuie
même si le ciel est clair
et c’est plutôt joli
plutôt joli

c’est la guerre
tout le monde le dit
qu’est-ce que je pourrais faire ?
le soleil m’éblouit
c’est la guerre
ma ville est fleurie
même dans la fourmilière
je ne me sens pas comme une fourmi
et la brise légère
me rend léger aussi
léger aussi

c’est la guerre
on est si bien ici
les terrasses jouent la dernière
d’un chanteur plein de génie
c’est la guerre
on est si bien ici
si le monde était à refaire
pour une fois je crois que je dirais oui
la chaleur le vin la bière
tout ça rend les gens gentils
les gens gentils

c’est la guerre
tout le monde sourit
il y a une magie dans l’air
est-ce qu’on a changé de pays ?
c’est la guerre
tout le monde sourit
il y a une magie dans l’air
comme si c’était aujourd’hui
le jour où sur la terre
ce sera le paradis
le paradis

c’est la guerre
tout le monde sourit

la historia
(jensen)

la historia dirá
lo que le harán decir
unos sí otros no
unos más aquí otros más allá
la historia dirá
la muerte cobrará
el mismo precio
al jefe del imperio
y al pobre del impar

la historia dirá

la historia no dirá
dirá el especialista
tendrá toda su lista
una fecha aquí
un muerto pa’cá
nada de los goles
ni de maradona
ni de cocaína
todavía menos de las poblaciones

la historia no dirá

la historia no dirá
lo mejor de la vida
la música la paz
amigos yerba fina
el sexo y nada más

la historia no dirá

LA LUNE
(jensen)

JE ME SOUVIENS
JE ME SOUVIENS
LA LUNE ETAIT BLANCHE
LA LUNE ETAIT GRISE
ELLE ETAIT NOIRE
ELLE ETAIT LE DEBUT
ET LA FIN
DE L’HISTOIRE
LA MEMOIRE

JE ME SOUVIENS
JE ME SOUVIENS
LA LUNE ETAIT BLANCHE
LA LUNE ETAIT GRISE
ELLE ETAIT NOIRE
ELLE ETAIT LE DEBUT
ET LA FIN
DE L’HISTOIRE
LA MEMOIRE

LA LUNE ETAIT PLEINE
LA LUNE ETAIT VIDE
JE ME SOUVIENS
JE ME SOUVIENS
LE TEMPS COULAIT A FLOTS
LA TERRE ETAIT D’UN ROUGE MASSIF

LA LUNE MONTAIT
LA LUNE DESCENDAIT
JE ME SOUVIENS
JE ME SOUVIENS
ELLE ETAIT IMMOBILE
SUR MON POUCE

LA LUNE ETAIT PLEINE
LA LUNE ETAIT VIDE
JE ME SOUVIENS
JE ME SOUVIENS

JE ME SOUVIENS
JE ME SOUVIENS
LA LUNE ETAIT BLANCHE
LA LUNE ETAIT GRISE
ELLE ETAIT NOIRE
ELLE ETAIT LE DEBUT
ET LA FIN
DE L’HISTOIRE
LA MEMOIRE

Le cha-cha-cha des bourreaux
(jensen)

Pendant qu’l’infidèle fait des plans
Pour anéantir l’occident
Tout en dansant la Carmagnole
Pour s’donner l’air d’un Ravachol
Je crois bien que chez ses amis
Danser c’était même interdit
Sauf si c’était au bout d’une corde
C’est quand même ça, je vous l’accorde

J’en ai parlé
À mon épicier
Il m’a répliqué
Moi je préfère danser
Et me taire

Quand le cow-boy dans son Texas
Donne des leçons aux autres races
Tout en dansant le rock and roll
Pour se donner l’air d’une idole
Je crois bien que dans son État
– C’est un état proche de la mort
On danse on danse sur des chaises
Mais sans musique pour s’mettre à l’aise

J’en ai parlé
À mon député
Il m’a répliqué
Moi je préfère danser
Et me taire

Quand les bourreaux sont déprimés
On leur conseille de danser
La java, le tango, le twist
En trois minutes ils n’sont plus tristes
Même les pires assassins
Une chanson ça les libère
Qui aurait cru qu’les musiciens
Soient les complices des tortionnaires ?

J’en ai parlé
À mes associés
Ils m’ont répliqué
Nous on préfère danser
Et se taire

Le coin d’la rue
(jensen)

Ils étaient deux
Au coin d’la rue
À discuter
Il fera beau demain c’est sûr
Mais non ils annoncent un redoux

Ils étaient trois
À marmonner
Sur la grand place
Si la tendance se maintient
Le vent s’en va, la pluie s’en vient

Ils étaient dix
Comme un seul homme
À dégoiser
Le temps qu’il fera tout l’été
Ou l’hiver ou l’mois de janvier

Ils étaient cent
Toute une armée
À s’inquiéter
Faut-il sortir le gros manteau
Avec mes gants j’aurai bien chaud

Ils étaient mille
Tous mort-vivants
À saliver
Le fond de l’air n’est-il pas frais ?
On fait c’qu’il faut pour faire aller

Ils sont des millions
Chaque jour
Comme des frères
Ne trouves-tu pas qu’il fait moins lourd ?
Ne trouves-tu pas qu’il fait plus clair ?

Ils sont des milliards
Obsédés
Toujours les mêmes
Banalités
Le temps de chien le froid d’canard
Et la chaleur est animale
Des coups de vent des coups d’soleil
Battu battu par la tempête
Quand les éléments se déchaînent
On dit une pluie diluvienne
C’est le beau fixe les giboulées
L’astre du jour tente une percée

Mais le temps on peut rien y faire
Trouvez-vous pas qu’c’t’un drôle d’hiver ?
Mais l’temps on peut rien y changer
Trouvez-vous pas qu’c’t’un drôle d’été ?

Mais je pense bien avoir raison
Quand j’dis qu’il n’y a plus d’saison
Et je pense bien avoir saison
Quand j’dis qu’il n’y a plus d’raison
Plus d’raison
Il n’y a plus d’raison

Le cortège
(jensen)

Monsieur le policier
Je roulais à peine à cent-vingt kilomètres heure
Vous étiez le premier sur ma trajectoire
Je suis désolé pour votre uniforme
Inutilisable

Monsieur le juge
Je suis innocent
Je n’avais pas vu les barrières de sécurité
Devant la foule affalée
C’était noir de monde
De noir vêtu
Mais mon regard était attiré
Par une affiche bariolée qui disait :
Soyons impossibles exigeons le réel
Soyons impossibles exigeons le réel

Monsieur le général
Je sais que j’ai perturbé votre chevelure
Ainsi que le cortège
En l’honneur de ces quatre jeunes et brillants officiers
Morts pour la patrie
Mais au moins
La mort les avait frappés
Avant moi

Monsieur le premier ministre
Nous aurions pu être bons amis
Qui sait ?
Je n’ai qu’un seul regret :
J’ai raté votre femme

Je roulais pourtant
A tombeau ouvert
A tombeau ouvert

Monsieur le croque-mort
Je vous prierai
Pour me remercier
De vous fournir
Tant de clients de qualité
De m’apporter des fleurs
Tombe numéro treize
Allée vingt-huit
Tous les samedis

Le reel des haricots
(jensen)

J’crois qu’c’est la fin des haricots
On va enfin manger autre chose

LE SOUVERAIN
(JENSEN)

JE SUIS LE SOUVERAIN
NI LOI NI ORDRE SANS MA MAIN
JE SUIS LE SOUVERAIN

JE SUIS LE SOUVERAIN
NI RIRES NI PLEURS SANS MON DESIR
NI PAUVRES NI RICHES SANS MON EMPIRE
JE SUIS LE MAGICIEN
JE SUIS LE MEDECIN
JE SUIS LE SOUVERAIN

NI TERRE NI MER SANS MA CONQUÊTE
NI BALS NI FÊTES SANS MA REQUÊTE
JE SUIS LE SEUL DRAPEAU
JE SUIS L’UNIQUE REFRAIN
JE SUIS LE SOUVERAIN

NI OUI NI NON SANS MON AVIS
NI MORT NI VIE SANS MA FOLIE
JE SUIS L’ANGE-GARDIEN
JE SUIS LE PALADIN
JE SUIS LE SOUVERAIN

NI FILLE NI MÈRE SANS MA PASSION
NI EAU NI FEU SANS MES RAISONS
JE SUIS L’SEMBLANT DE TOUT
JE SUIS LE VRAI DE RIEN
JE SUIS LE SOUVERAIN

IL N’Y A PAS DE PIRE SOURD QUE CELUI QUI N’VEUT PAS ENTENDRE
IL N’Y A PAS DE PIRE PAUVRE QUE CELUI QUI N’VEUT PAS SE VENDRE

JE SUIS LE SOUVERAIN
NI RÊVE NI TRÊVE SANS MON ACCORD
NI CHOIX NI DROITS SANS MON EFFORT
JE SUIS LE SAC-À-VIN
JE SUIS LE SEUL CHEMIN
JE SUIS LE SOUVERAIN

NI TOUT NI RIEN SANS MON DESSEIN
NI LOI NI ORDRE SANS MA MAIN

LE SULTAN
(JENSEN)

DANS LE PALAIS DU SULTAN
IL Y A MILLE-ET-UNE CHAMBRES
DES CUISINES DES SALONS
DES PISCINES
DES TERRASSES
DES JARDINS ET DES PRISONS

DANS LES CHAMBRES DU SULTAN
YA DES LITS ET DES DIVANS
FAITS DE SOIE OU BIEN D’HERMINE
DES BAINS DE LAIT
DES BAINS DE SANG
OÙ SE BAIGNENT SES CONCUBINES

DANS LES CUISINES DU SULTAN
ON GARNIT ET ON CHARCUTE
ON EMPALE ET ON PIQUE
ON DESOCE
DES MOUTONS
DES BELLES FILLES DES BEAUX GARÇONS

DANS LES SALONS DU SULTAN
TOUT EST EN MARBRE ET EN OR
TOUT BRILLE COMME DIAMANT
LES SCULPTURES
LES TENTURES
ET LES MACHINES DE TORTURE

DANS LES PISCINES DU SULTAN
ONDULENT DES CAÏMANS
QU’ON BICHONNE COMME DES ENFANTS
ON LEUR SERT
AU DESSERT
LA CHAÎR FRAÎCHE D’UN INNOCENT

DANS LES PRISONS DU SULTAN
IL Y A SES RÊVES D’ENFANCE
ET CEUX QUI ONT EU L’OUTRECUIDANCE
DE LES VIVRE
A SA PLACE
L’OUBLI BIENTÔT LES EFFACE

DANS LE PAYS DU SULTAN
LOIN DES JARDINS DES TERASSES
CEUX QUI AIMERAIENT ÊTRE À SA PLACE
DES MENDIANTS
AUX COMMERÇANTS
SERAIENT-ILS PLUS INNOCENTS ?

ET LE SULTAN DANS SON LIT
RÊVE DE CELUI QUI VIENDRA
PLEIN DE JUSTICE ET DE LOI
ET IL RIT
AUX ECLATS
PLUS RIEN NE L’RÉVEILLERA…

Le vent du nord
(jensen)

Qui c’est qui vient dîner ce soir ?
Qui c’est qui vient dîner ce soir ?
C’est le vent de l’est
C’est le vent de l’est
C’est l’Orient c’est les Balkans
C’est le soleil c’est le levant
C’est le vent de l’est
C’est le vent de l’est
Kamikaze ou Attila
Gandhi Bouddha Himalaya
Octobre mille neuf-cent dix-sept
Chute des tsars chute des têtes
C’est le vent de l’est
C’est Bakounine ou bien Proudhon
C’est le vent de l’est
Staline ou la Révolution
C’est le vent de l’est
Je ne le suivrai pas

Qui c’est qui vient souper à soir ?
Qui c’est qui vient souper à soir ?
C’est le vent de l’ouest
C’est le vent de l’ouest
C’est l’occident civilisé
Technologie et liberté
C’est le vent de l’ouest
C’est le vent de l’ouest
C’est quatorze-cent quatre-vingt-douze
C’est dix-sept cent quatre-vingt-neuf
C’est 1984
C’est mai soixante-huit
Est-ce qu’on trinque ?
C’est le vent de l’ouest
C’est Hollywood Rousseau Voltaire
C’est le vent de l’ouest
Mère Tereza et Rockfeller
C’est le vent de l’ouest
Je ne le suivrai pas

Qui c’est qui vient manger tantôt ?
Qui c’est qui vient manger tantôt ?
C’est le vent du sud
C’est le vent du sud
C’est le midi c’est le désert
Le paradis ou bien l’enfer
C’est le vent du sud
C’est le vent du sud
Les gens du sud n’ont pas d’Histoire
Ce sont des indiens ou des noirs
Ils n’ont pas de Dieu pas de Maître
L’Histoire c’est pas fait pour les bêtes
C’est le vent du sud
Didgeridoo Hasta Siempre
C’est le vent du sud
Dictature et Olé Olé
C’est le vent du sud
Je ne le suivrai pas

Qui c’est qui vient manger et boire ?
Qui c’est qui vient boire et manger ?
C’est le vent du nord
C’est le vent du nord
C’est l’arctique c’est la grande ourse
La boussole la seule source
C’est le vent du nord
C’est le vent du nord
De là-haut viennent les mémoires
Les ours blancs et les nuits noires
Des nuits longues comme des morts
Que seul le vent traverse encore
C’est le vent du nord
C’est pour chacun le même sort
C’est le vent du nord
On passe de bâbord à tribord
C’est le vent du nord
Et je suivrai le vent du nord
Lorsqu’il emportera mon corps
Rien ne l’arrêtera
À l’heure du trépas

C’est le vent du nord
C’est pour chacun le même sort
On passe de bâbord à tribord
Et je suivrai le vent du nord
Lorsqu’il emportera mon corps
Rien ne l’arrêtera
À l’heure du trépas

Les abrutis
(jensen)

J’haïs les philosophes à la petite semaine qui ne font que parler d’eux-mêmes et j’en suis
J’haïs les faux intellos de gauche qui croient tout savoir sur chaque chose et j’en suis
J’haïs les gens qui vivent d’amour et d’eau fraîche et j’en suis
J’haïs les gratte-sous et les menteurs et j’en suis
J’haïs les anarchistes à la gomme qui croient pouvoir être autonomes et j’en suis
J’haïs les gens qui ont du feeling qui accordent de l’importance aux signes et j’en suis
J’haïs ceux qui se croient utiles et j’en suis
J’haïs les gens qui croient au père noël et j’en suis

J’haïs tous ces abrutis… mais je m’aime quand même

J’haïs les dégénérés qui croient à la grande conspiration et j’en suis
J’haïs ceux qui disent bonjour à leur voisin qui s’souviennent juste du nom du chien et j’en suis
J’haïs ceux qui font tout pour ne rien faire et j’en suis
J’haïs les animateurs de banquets et j’en suis
J’haïs les révolutionnaires de salon et j’en suis
J’haïs les gens qui s’en vont travailler et j’en suis

J’haïs tous ces abrutis… mais je m’aime quand même

J’haïs les moutons qui manifestent comme s’ils allaient à la grand-messe et j’en suis
J’haïs ceux qui votent par dépit qui devraient voter avec un fusil et j’en suis
J’haïs les nihilistes encore vivants et j’en suis
J’haïs les amoureux de la vie et j’en suis
J’haïs la majorité des gens et j’en suis
J’haïs ceux qui n’ont plus vingt ans et j’en suis

J’haïs tous ces abrutis… mais je m’aime quand même

les animaux
(jensen)

j’ai un petit chien
il s’appelle reviens
j’ai un petit chat
il s’appelle pars pas
j’ai un koala
il s’appelle reste avec moi

j’ai un caméléon
je l’appelle par ton nom
j’ai un bonobo
je l’appelle comme ton numéro
j’ai un crocodile
je l’appelle comme ton mobile

depuis que tu es partie
je perds les pédales
j’ai besoin de chaleur animale
pour t’oublier pendant mes insomnies
je me suis procuré des animaux de compagnie

j’ai une souris
elle s’appelle je t’en supplie
et un épagneul
il s’appelle me laisse pas seul
j’ai un lapin
il s’appelle j’y comprends rien

depuis que tu es partie
je perds les pédales
j’ai besoin de chaleur animale
pour t’oublier pendant mes insomnies
je me suis procuré des animaux de compagnie

j’ai une gazelle
elle s’appelle faut pas que je t’appelle
et un perroquet
qui me le répète sans arrêt
j’ai un éléphanteau
il s’appelle faut que j’arrête avec les animaux

LES FAUX-MONNAYEURS
(jensen)

Les faux-monnayeurs
Ont un cœur en papier
Ils savent que le bonheur
N’est pas dans les billets

Des peanuts des dollars
Des yens des marks des francs
C’est juste des histoires
Pour endormir les gens

Les faux-monnayeurs
Sont révolutionnaires
Ils se foutent royalement
De la reine d’Angleterre

Ils effraient le marché
Et défraient la chronique
Ils sont riches sans jamais
Avoir gagné du fric

Vivent vivent
Les faux
Vivent les faux-monnayeurs

Les faux-monnayeurs
Sont braves comme Ulysse
Ils doivent quitter les leurs
Pour semer la police

Parce que si on les cueille
Ah là c’est le bouquet
On les enferme à l’ombre
Et on les revoit jamais

Vivent vivent
Les faux
Vivent les faux-monnayeurs

Les milliardaires
(jensen)

Je n’connais rien en la matière
D’faire des prières
Mais j’aimerais, pauvre païen
Faire semblant
Je voudrais résoudre un mystère
Et puis me taire
Pas d’histoire extraordinaire
Faire semblant

Les milliardaires ont des milliards de soucis
Les milliardaires ont des milliards de dettes
Les milliardaires ont des milliards d’ennemis
Les milliardaires ont des milliards de bras droits
Les milliardaires ont des milliards de milliards
Les milliardaires ont des milliards de lubies
Comme n’importe qui…
Les milliardaires
À quoi ça sert ?

Je ne sais rien de la manière
Réglementaire
De questionner le tout-puissant
Mais faire semblant
J’ai une question élémentaire
Pour une lumière
Mais sans doute préfère t-elle se taire
Faire semblant

Les milliardaires ont des milliards d’impostures
Les milliardaires ont des milliards d’imposés
Les milliardaires ont des milliards de moutons noirs
Les milliardaires ont des milliards de cheveux blancs
Les milliardaires ont des milliards d’envies
Les milliardaires ont des milliards d’assouvies
Les milliardaires ont des milliards de neurones
Comme les autres personnes…
Les milliardaires
À quoi ça sert ?

Je ne fréquente pas les mosquées
Ni les églises
Ni les temples mais je souhaiterais
Faire semblant
Je suis en quête d’une réponse
Simple et précise
Mais dieu n’en donne pas une once
Aux mécréants

Les milliardaires ont des milliards d’absolu
Les milliardaires ont des milliards d’essence
Les milliardaires ont des milliards de substance
Les milliardaires ont des milliards de soupçons
Les milliardaires ont des milliards de chimères
Comme les traîne-misère…
Les milliardaires
À quoi ça sert ?

LES SALADES
(jensen)

Tu m’as laissé
Mariner
Dans ton salon

J’ai mijoté
Un menu
Dans ma cafetière

J’voulais me mettre à table

J’avais ta fraise
Dans la citrouille

Te dire par le menu
C’qui me tient à coeur :
Toutes tes douceurs

Mais quand tu es
Revenue
Avec des yeux de braise
Qui l’aurait cru ?
Tu m’as servi des salades !
Tu m’as servi des salades !
Des salades !

A défaut d’entrée
Je suis sorti
J’ai ruminé

Un plan de résistance
Une vengeance
Un buffet froid

Je t’ai laissée
Poireauter
Dans tes casseroles
Avec des yeux battus
Je t’ai fait revenir
À mes moutons

mêêêêê !
Je t’ai servi des salades !
Je t’ai servi des salades !
Des salades !

Lua lua lua lua
Caetano Veloso

Lua lua lua lua
Por um momento meu canto contigo compactua
E mesmo o vento canta-se compacto no tempo
Estanca

Branca branca branca branca
A minha nossa voz atua sendo silêncio
Meu canto não tem nada a ver
Com a lua

Lua lua lua lua

Lune lune lune lune
Caetano Veloso

lune lune lune lune
pour un moment mon chant passe un pacte avec toi
et même le vent se chante compact dans le temps
il cale

blanche blanche blanche blanche
ma voix notre voix agit faisant silence
mon chant n’a rien à voir
avec la lune

lune lune lune lune

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– M –
M. Cigare
(jensen)

Par un soir d’alcool éthylique
J’ai fait un rêve philosophique
Des personnages-parabole
Dans un tourbillon de paroles
M’ont relaté leur existence
Comme une leçon, comme une sentence

M. Cigare à son bureau
Dans la boucane dans la pénombre
Une dent en or dans son sourire
Une bague au doigt : le sceau d’l’Empire
Il disait noir c’est noir
Blanc c’est blanc les couloirs
Mènent toujours quelque part
Faut arriver le premier
Faut pas changer d’avis
Comme tu changes de bobettes
S’il faut chaud aujourd’hui
Demain il f’ra pas frette
Le chemin de la vie
L’est pas tordu l’est drette
Comme la trajectoire
D’une balle perdue
Elle cherche pas à savoir
Si elle meurt
Si elle meurt ou si elle tue

J’lui disais t’as peut-être pas tort
Mais on ferme tous les yeux quand on dort
J’lui disais t’as peut-être pas tort
Mais on se ressemble tous quand on dort

M. Instant, monsieur éclair
Toutes voiles dehors même dans tempête
Tire sur les rames comme sur ses nerfs
Rien n’lui fait peur rien ne l’arrête
Il disait y a pas d’noir
Y a pas d’blanc y a qu’du gris
Y a pas d’mots y a qu’la vie
C’est par l’verbe faire que tout commence
Y a qu’l’instant y a qu’l’intense
Y a pas d’fou dans la transe
Demain, c’est pas encore
Hier, j’m’en souviens plus
Perds pas d’temps vis, explore
C’qu’il faut, c’est vivre nu
Pas b’soin pour ça d’enlever
Une couche de bienséance
Faut faire, faut pas penser
Faut faire ce que l’on pense

J’lui disais t’as peut-être pas tort
Mais on ferme tous les yeux quand on dort
J’lui disais t’as peut-être pas tort
Mais on se ressemble tous quand on dort

M. Charbon, mines de cobalt
Mains de béton et pied d’asphalte
Pas eu d’enfance pas eu d’désir
Juste des coups de poing pour s’en sortir
Il pensait faut souffrir
Faut avoir le mors aux dents
La vie et le plaisir
Sont deux choses différents
Faut t’forger à la dure
Endurer tes blessures
Mais faut rester honnête
Tout à une raison d’être
Si t’es en-dessous mon fils
C’est pour qu’tu te durcisses
Travaille, travaille encore
De l’aurore à l’aurore
De l’aurore à l’horreur
Va pas rire va pas croire
La vie
La vie, c’est pour plus tard…

J’lui disais t’as peut-être pas tort
Mais on ferme tous les yeux quand on dort
J’lui disais t’as peut-être pas tort
Mais on se ressemble tous quand on dort

Mais j’étais plus très sûr de moi
Est-ce que j’dormais à ce moment là ?
Pourtant j’avais les yeux ouverts
Est-ce que j’n’étais pas en enfer
Déjà ?
Est-ce que j’n’étais pas en enfer
Déjà ?

J’me suis réveillé en sueurs
En me disant dans ma torpeur
On ferme tous les yeux quand on dort
On ferme tous les yeux quand on dort
Mais on se ressemble pas :
On se ressemble quand on est mort !

ma littérature
(jensen)

je paie mes factures
ah la vie est dure
et tu n’es pas là
tu es quelque part
où je ne suis pas
ah oui ça c’est sûr
mais si j’y étais
je crois que je serais
pas dans mes chaussures
ce serait celles d’un autre
et je crois pas que ça me botte
ce genre d’aventures

je mets des lunettes noires
je peux pas laisser voir
ma déconfiture
si jamais je te croise
faut que je te toise
en ayant l’air dur
mais c’est des histoires
vu que je suis dans le noir
sous les couvertures
je risque pas de t’y voir
il est bien trop tard
mais j’ai la tête dure

je passe et repasse
toutes nos impasses
nos caricatures
bien que ça fasse mal
c’est pas l’hôpital
qui guérit ces blessures
c’est le temps qui passe
qui soigne et efface
toutes les morsures
les coups de poignard
ne seront tôt ou tard
que des égratignures

j’écris sur mon cœur
bonheur ou malheur
il n’y a rien qui dure
mais je n’y crois pas
toi tu restes là
tu es ma nourriture
tu es mon karma
mon kama-sutra
ma littérature
sans toi je suis mort
et même si je vis encore
ce sera une imposture

Manifeste
(jensen)

On manifeste
On manifeste

On manifeste
C’est manifeste
On manipule
C’est manifeste
On met les poings
Sur les i
Et sur la table
On met le doigt
Sur la gâchette
On manipule
C’est manifeste

On manifeste
On manifeste

On manifeste
On crie famine
On manipule
On teste
On lâche du leste
Sur la vermine
On détruit
On mine
On exploite
On élimine
C’est manifeste
On manifeste
Sans scrupules
On manipule
C’est manifeste
On fait la fête
Malgré les risques
C’est ridicule
Capitalisme
Homicide
On pesticide
On tue les bêtes
Comme des monstres
Industriels
On est réels
C’est manifeste
On manipule
Le reste

On manipule
La génétique
Sans gêne
Sans se poser de problèmes
Que des problèmes économiques
Sans éthique
On étiquette
On brevète
On met en éprouvette
Et qui c’est qui paie la note ?
C’est la planète
Et qui c’est qui paie la note ?
C’est la planète
Mais soyons honnêtes
Quand je dis la planète
C’est surtout les pauvres types
Enchaînés à la dette
Entraînés à la diète
Faut pas t’étonner mec
Qu’ils nous défèquent
C’est manifeste
… et nous, on manifeste

on fout
l’eau en l’air
à petit feu
on meurt
on s’enterre
c’est manifeste
on s’enlise
on change d’église
comme de veste
comme de sexe
comme de secte…

Homo Sapiens
c’est manifeste
tu ne sais rien
tu te détestes

Massachusetts
(jensen)

pendant que dans un parc verdoyant d’Amérique
une femme en bikini fait son jogging du soir
un homme au passé trouble tombe d’un immeuble en briques
sous les yeux des élèves d’une école pour noirs

pendant que sur la plage au milieu des buildings
un enfant presque nu boit un coca-cola
au-dessus de la ville tourne et tourne un Boeing
dont un des passagers a peur et prie Allah

pendant que l’héroïne pénètre lentement
dans le bras du banquier dans son cossu cottage
sur une place de Delhi un charmeur de serpents
regarde une touriste et se fait mordre au visage

pendant qu’un norvégien habitant à Sydney
joue avec son ex-femme à la roulette russe
un étage en dessous dans l’ascenseur bloqué
deux hommes font l’amour ils n’ont pas de prépuce

pendant qu’une infirmière dans la chambre 117
du Boston Hospital embrasse un patient mort
quelque part sur une route du Massachusetts
une voiture s’arrête pour un auto-stoppeur

Monsieur

Poème de Géo Norge
Musique de Tomás Jensen

Je vous dis de m’aider
Monsieur est lourd
Je vous dis de crier
Monsieur est sourd

Je vous dis d’expliquer
Monsieur est bête
Je vous dis d’embarquer
Monsieur regrette

Je vous dis de l’aimer
Monsieur est vieux
Je vous dis de prier
Monsieur est Dieu

Éteignez la lumière
Monsieur s’endort
Je vous dis de vous taire
Monsieur est mort.

Montréal
(jensen)

il y a beaucoup de villes qui ont été chantées
mais rien n’est jamais tout rose et c’est le cas de ma cité
n’en déplaise à Nougaro à Cherfi à Sicre ou aux Femmouzes
pour y vivre ou y mourir Montréal vaut bien Toulouse Montréal vaut bien Toulouse
pour y vivre ou y mourir Montréal vaut bien Toulouse Montréal vaut bien Toulouse

je suis pas né à Montréal
mais j’y mourrai peut-être un jour
puisqu’il faut mourir quelque part
sur Sainte-Catherine ce serait pas mal
une mort glauque et pathétique
entouré de putes et de flics
les unes pleurant les autres crachant
et moi aux anges en me disant que

Montréal n’est pas la ville rose
Mais quand même elle s’impose
C’est pas dur
De mourir d’amour à Montréal

Au milieu du parc Lafontaine
Entouré de chiens et de chiennes
Et de leurs maîtres tenus en laisse
Qui chuchoteraient comme à la messe
Au milieu du chant des oiseaux
Qui si ce jour-là il fait beau
Me siffleront des chants d’amour
En tout cas c’est c’que j’me dirais car

Montréal n’est pas la ville rose
Mais quand même elle s’impose
C’est pas dur
De mourir d’amour à Montréal

Où que l’on meure à Montréal
On meurt entouré c’est fatal
De déchets de passion de glamour
Usés avant le point du jour
Dans le bas-ventre de cette ville
Les rues les quartiers sont fertiles
De la beauté de la beauté
Et la laideur ne vient qu’après

Montréal n’est pas la ville rose
Mais quand même elle s’impose
C’est pas dur
De mourir d’amour à Montréal

il y a beaucoup de villes qui ont été chantées
mais rien n’est jamais tout rose et c’est le cas de ma cité
n’en déplaise à Nougaro à Cherfi à Sicre ou aux Femmouzes
pour y vivre ou y mourir Montréal vaut bien Toulouse Montréal vaut bien Toulouse
pour y vivre ou y mourir Montréal vaut bien Toulouse Montréal vaut bien Toulouse

Montréal n’est pas la ville rose
Mais quand même elle s’impose
C’est pas dur
De mourir d’amour à Montréal

Mourir vite
(jensen)

Je m’en vais
faire un tour
du côté
de chez toi
et qui c’est
que je vois ?
L’autre con
qui s’en va
tu lui dis
au revoir
tu l’embrasses
ça se voit
ne nie pas
je t’ai vu

c’est pas grave
je sais bien
que c’est comme ça
on se dit que c’est
pour la vie
mais faudrait
mourir vite

tu m’as vu
tu m’as dit
« tiens salut !
Qu’ess tu fais ? »
« Je fais rien
je m’en vais »
tu as dit
« ah ! T’es sûr ?
Tu es sûr
que ça va ? »
J’ai dit « oui
et toi ça va ?
Je vois que tu
t’ennuies pas »
qu’ess tu veux
je suis con
j’ai dit « il
est pas mal »
(même pas mal
même pas mal !)
« mais pas assez
bien pour toi »
t’as souri
mais pas vraiment
c’était plus
une grimace
et t’as dit
« commence pas
si tu crois
que c’est facile »
j’ai dit « ha
ha ha ha »
t’as redit
« commence pas »
je me suis tu
tu t’es tue
ou j’ai rien
entendu

c’est pas grave
je sais bien
que c’est comme ça
on se dit que c’est
pour la vie
mais faudrait
mourir vite

je savais
pas quoi dire
alors j’ai
dit « bonne chance »
en me tor-
dant la bouche
comme si
je disais
meurs dans d’a-
troces souffrances
j’ai fixé
le soleil
je me suis
aveuglé
et je suis
reparti
sans revoir
ton visage

c’est pas grave
je sais bien
que c’est comme ça
on se dit que c’est
pour la vie
mais faudrait
mourir vite

mundo

paroles :
tomas jensen
musique :
tomas jensen et
pierre-emmanuel poizat

MOINS ON EN SAIT MIEUX C’EST

LA MENTIRA NO CUESTA NADA
Y MAS GRANDE MAS LUCRATIVA

SI ON SAVAIT TOUT C’QU’ON SAIT PAS
ON LAISSERAIT PAS FAIRE TOUT C’QUI S’FAIT
ON S’BATTRAIT POUR QU’LES GENS S’BATTENT PAS
ON S’RAIT EN DROIT D’NIER DES LOIS
ON S’RAIT FOUTU D’TOUT FOUTRE EN L’AIR
ON ENVERRAIT AU CIMETIÈRE
DES IMPORTANTS
DES ÉLÉGANTS
DES MINISTÈRES ENTIERS
DES HOMMES D’AFFAIRES RENTIERS
DES INNOCENTS
AUSSI
DES INNOCENTS…
MOINS ON EN SAIT
MIEUX C’EST

LA MENTIRA NO CUESTA NADA
Y MAS GRANDE MAS LUCRATIVA

SALVAJES SALVAJES
NO TIENEN CORAZÓN
LA POLICÍA SIGUE AMIGA
DE CADA MENTIRA
DE CADA OBLIGACIÓN
AUNQUE NO TENGA EXPLICACIÓN

LA MENTIRA NO CUESTA NADA
Y MAS GRANDE MAS LUCRATIVA

SI ON SAVAIT TOUT C’QU’ON SAIT PAS
ON ARRÊTERAIT D’PARTICIPER
AU GASPILLAGE ILLIMITÉ
ON ARRÊTERAIT DE S’PROSTITUER
POUR DE L’ARGENT
ON S’RAIT GRATUIT
ON SERAIT FREE
WE WOULD BE FREE
ON SERAIT LIBRE
IMPRÉVISIBLE
ET INNOCENT
AUSSI
ET INNOCENT

LA MENTIRA NO CUESTA NADA
Y MAS GRANDE MAS LUCRATIVA

O CANTO DO POVO DE ALGUM LUGAR
TEM QUE TEM QUE TEM QUE VIR DA FLORESTA
O CANTO DO POVO DE ALGUM LUGAR
NÃO EXISTE NADA PRO QUE NÃO SE PRESTA

TEM MEIA-LUA
NO COQUEIRO NÃO PODE GANHAR DINHERO
SÓ NÃO SERVE PRO BANDIDO COM A BARRIGA
CHEIA DE BRIGA QUE QUER VER GENTE CHORAR

LA MENTIRA NO CUESTA NADA
Y MAS GRANDE MAS LUCRATIVA

TEM DUAS MENINAS
SORRIDENTES QUE TEM MAS DENTES QUE MENTE
QUE NÃO MENTEM NEM INTENTAM ENTENDER
O MOVIMENTO MOMENTÁNEO DO MUNDO

MOINS ON EN SAIT
MIEUX C’EST
LA MENTIRA NO CUESTA NADA
Y MAS GRANDE MAS LUCRATIVA

SI ON SAVAIT TOUT C’QU’ON SAIT PAS
ON POURRAIT PLUS NOUS BALANCER
NOUS DIRE DE FAIRE DES SACRIFICES
ON F’RAIT DES FEUX D’LEURS ARTIFICES

SALVAJES SAVAJES
TENEMOS RASÓN
LA VIDA SIGUE AMIGA
DE CADA CONCIENCIA
DE CADA CANCIÓN
AUNQUE NO TENGA EXPLICACIÓN

MOINS ON EN SAIT
MIEUX C’EST
LA MENTIRA NO CUESTA NADA
Y MAS GRANDE MAS LUCRATIVA

O CANTO DO POVO DE ALGUM LUGAR
TEM QUE TEM QUE TEM QUE VIR DA FLORESTA
O CANTO DO POVO DE ALGUM LUGAR
NÃO EXISTE NADA PRO QUE NÃO SE PRESTA

TEM MAS RAZÃO
DO QUE PARECE NÃO É REDE NEM PAREDE
NÃO PARA DE PERDUAR QUE NEM OS PREDIOS
QUE TEM MEDO DE PERDER O PREDOMINIO

LA MENTIRA NO CUESTA NADA
Y MAS GRANDE MAS LUCRATIVA

TEM DUAS MENINAS
SORRIDENTES QUE TEM MAS DENTES QUE MENTE
QUE NÃO MENTEM NEM INTENTAM ENTENDER
O MOVIMENTO MOMENTÁNEO DO MUNDO

MOINS ON EN SAIT
MIEUX C’EST
LA MENTIRA NO CUESTA NADA
Y MAS GRANDE MAS LUCRATIVA

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– N –
Ne dis rien
paroles : dave richard
musique : tomas jensen

ne dis pas que j’ai tort
surtout ne dis pas que c’est doux
laisse le feu qui dort
surtout ne parle pas de nous
ne parle pas de toi
ni de tes instincts de juillet
laisse faire la soie
ce beau rêve à tes poignets

ne dis pas le trésor
allez ne dis pas le diadème
oublie l’éclair et l’or
surtout nos ambiances de gemmes
ne parle surtout pas
de la faveur des éléments
garde tes lèvres épargne-moi
je t’en prie garde tes serments

surtout ne dis pas que tu m’aimes

ne dis pas l’impossible
ne m’offre pas ta lumière
j’ai les ailes sensibles
n’insiste pas pour me plaire
retiens tes attentas
je t’en prie retiens tes élans
ne dis rien pense à moi
pense que je mourrai si tu mens

surtout ne dis pas que tu m’aimes

Ne t’attends pas
(jensen)

ne t’attends pas à ce que je revienne
aujourd’hui je vais où je veux
toi je sais pas mais quoi qu’il advienne
j’espère que je te manquerai un peu

je t’ai cueilli des fleurs
je les ai posées sur ton cœur
elles ont pourri
je me suis dit
allez tant pis
pour le bonheur
il doit bien se trouver ailleurs
je t’ai dit bye
et je suis parti

ne t’attends pas à trop souffrir
après tout j’étais qu’un merdeux
toutes tes copines vont en convenir
console-toi tu méritais mieux

je t’ai cueilli des fleurs
je les ai posées sur ton cœur
elles ont pourri
je me suis dit
allez tant pis
pour le bonheur
il doit bien se trouver ailleurs
je t’ai dit bye
et je suis parti

ne t’attends pas à trop en rire
mais profites-en autant que tu peux
et malgré tout ce que je peux en dire
j’espère que tu me manqueras un peu

je t’ai cueilli des fleurs
je les ai posées sur ton cœur
elles ont pourri
je me suis dit
allez tant pis
pour le bonheur
il doit bien se trouver ailleurs
je t’ai dit bye
et je suis parti

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– O –
O caminho
(jensen/saboga/biehler/abadi)

faço o que eu quero
gosto de zeca baleiro
mas são paulo é ruim
isso sim qui é o fim
falo estrangeiro
então falo da poeira
das favelas do rio de janeiro
das pistolas não da capoeira
essa rima já foi feita
e daí ninguém se enfeita
cuando vive pra matar

eu só falo americano
tá falado não sou africano
mas cuando bater o tamborim
alguma coisa doida mexe em mim
não quero ter planos
não quero ter fãs
mas na terra todo é engano
e no oceano todo é djavã
todo é djavã

falar é o caminho
se não quer ficar sozinho
na barriga da cidade
sem identidade
identificação
é o nome da nação
é a direção
mas não é mau não
o governo federal estende a mão
federação
indígena nação
falar é o caminho a mareia
do espirito calado
o olhar da lua cheia
no que ficou errado

faço o que eu quero
gosto de zeca baleiro
mas são paulo é ruim
isso sim…

falar é o caminho a mareia
do espirito calado
o olhar da lua cheia
no que ficou errado
no que ficou errado

O curandeiro
(jensen)

A casa do curandeiro
Que também e feiticeiro
Que conhece bem o modo de fazer o mal
Também conhece
Ninguém se esqueça
O modo de fazer o bem

A casa desse mulato
Fica no meio do mato
E ninguém sabe com certeza
Apenas a natureza
Se ele é bicho ou é cristão

Falam que ele é lobisomen
E que quando passa fome
Come todo o que se come
Nunca fez a confissão

Não va morrer
Logo
Lobo
Bobo
Logo
Já vou morrer
Pois nascí muito bonitinho
Agora acabo o meu caminho
Já sou velho desdentado
Já tomei muita porrada
Estou cansado do carinho
Vou-me embora sozinho
Pro final
A morte é natural
E no total

Todo e igual
Transcendental
Paradoxal
Paranormal
Pyramidal
Monumental
Fundamental
Gramatical
Y Tropical

O Leãozinho
Caetano Veloso

Gosto muito de te ver, Leãozinho
Caminhando sob o sol
Gosto muito de você, Leãozinho

Para desentristecer, Leãozinho
O meu coração tão só
Basta eu encontrar você no caminho

Um filhote de leão, raio da manhã
Arrastando o meu olhar como um ímã
O meu coração é o sol pai de toda a cor
Quando ele lhe doura a pele ao léu

Gosto de te ver ao sol, Leãozinho
De te ver entrar no mar
Tua pele, tua luz, tua juba

Gosto de ficar ao sol, Leãozinho
De molhar minha juba
De estar perto de você e entrar numa

Le lionceau
Caetano Veloso

j’aime beaucoup te voir, lionceau
marchant sous le soleil
je t’aime beaucoup lionceau

pour effacer la tristesse, lionceau
de mon cœur si seul
il me suffit de te croiser sur le chemin

un petit lion, rayon du matin
entraînant mon regard comme un aimant
mon cœur est le soleil, père de toute couleur
lorsqu’il lui dore la peau, au lion

j’aime te voir au soleil, lionceau
te voir entrer dans la mer
ta peau, ta lumière, ta crinière

j’aime rester au soleil, lionceau
mouiller ma crinière
être près de toi et me laisser aller

Oublie
(jensen)

Oublie les ragoûts
Oublie les oignons
Oublie la mélancolie

Oublie les lagons
Oublie les mollusques
Oublie l’abracadabra

Oublie la dépense
Oublie le mât-cramé
Oublie l’innocence

Oublie l’amertume
Oublie l’arrogance
Oublie les gestes lents

La vie m’emmerde un peu mais bon
Disons que j’apprécie l’expérience
La mort c’est comme le téléthon
Je n’y ai jamais mis mes finances
La faune et la flore me dégoûtent
Je sais qu’il n’y pas de quoi se vanter
La morale c’est comme le vermouth
Moi je n’y ai jamais goûté

Oublie la marmaille
Oublie l’aspirine
Oublie l’impossible

Oublie les corneilles
Oublie le courage
Oublie le nom de l’ouragan

Oublie l’Oregon
Oublie l’imprudence
Oublie la mise en plis

Oublie la rançon
Oublie les murmures
Oublie…

Les femmes sont capables de tout
Les hommes sont capables de payer
Le sexe c’est comme Tombouctou
Moi je n’y ai jamais mis les pieds
Je ne crois en rien et c’est tant mieux
Les enfants ne sont plus ce qu’ils étaient
L’Humanité c’est comme Dieu
Moi je ne l’ai jamais rencontré

Oublie les alliances
Oublie les vengeances
Oublie l’Abyssinie

Oublie la beauté
Oublie Léonard
Oublie le cinéma

Oublie l’allégresse
Oublie la céramique
Oublie Ali-Baba

Oublie les amours
Oublie les tambours
Oublie le bandonéon

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– P –

Paradise
(jensen)

Je m’en vais au paradis
M’a t-elle dit sur son lit
Alors j’ai pris les mesures
Nécessaires à c’cas d’figure

J’ai appelé l’marbrier
Pour qu’il fasse un piédestal
Et une statue je voulais
Une tombe monumentale

Elle m’a dit c’est pas la peine !
Je reviens dans une semaine
Te fatigue pas mon petit
Je m’en vais au paradis

Je m’en vais au paradis
M’a t-elle dit sur son lit
Alors j’ai pris les mesures
Nécessaires à c’cas d’figure

J’ai appelé l’marchand d’fleurs
Pour qu’il confectionne sur l’heure
Les couronnes du meilleur ton
Pour une telle occasion

Elle m’a dit mais laisse donc ça !
Je s’rai la reine là-bas
J’vais visiter le pays
Où tout le monde est gentil

Je m’en vais au paradis
M’a t-elle dit sur son lit
Alors j’ai pris les mesures
Nécessaires à c’cas d’figure

J’ai appelé le curé
Pour qu’il lui vende un billet
Aller simple pour le ciel
Avec crédit éternel

Elle m’a dit mais pour quoi faire ?
J’ai encore les pieds sur terre !
J’vais m’taper le Grand Canyon
Et j’n’ai besoin de personne !

Je m’en vais au paradis
M’a t-elle dit sur son lit
Alors j’ai pris les mesures
Nécessaires à c’cas d’figure

J’ai appelé Dieu le père
Pour savoir s’il pouvait faire
Une entorse au règlement
Même si on était pas croyant…

Elle m’a dit c’est pas la peine
Si tu veux viens, je t’emmène
Quand j’ai su, j’ai eu les glandes
Qu’elle allait à Disneyland

Parfaite
(jensen)

elle est faite comme si je l’avais faite
elle est parfaite
elle est faite comme un jour de fête
elle est parfaite
elle est faite pour être satisfaite
elle est parfaite
elle est faite comme si elle était refaite
mais elle est pas refaite

j’ai voulu être parfait
tout ce qui ne l’était pas je l’ai refait
en fait j’ai dû tout refaire
chez moi tout était de travers

elle est faite comme si je l’avais faite
elle est parfaite
elle est faite comme un jour de fête
elle est parfaite
elle est faite pour être satisfaite
elle est parfaite
elle est faite comme si elle était refaite
mais elle est pas refaite

elle m’a dit : « reste le même
mon petit loup c’est comme ça que je t’aime »
mais sans arrêt tourne le monde
je suis déjà plus vieux d’une seconde

elle est faite comme si je l’avais faite
elle est parfaite
elle est faite comme un jour de fête
elle est parfaite
elle est faite pour être satisfaite
elle est parfaite
elle est faite comme si elle était refaite
mais elle est pas refaite

j’ai laissé la perfection pour elle
moi je m’occupe du ménage et de la vaisselle
ça n’a pas l’air de la vie de rêve
mais quand on est ensemble je suis Adam et elle est Ève

elle est faite comme si je l’avais faite
elle est parfaite
elle est faite comme un jour de fête
elle est parfaite
elle est faite pour être satisfaite
elle est parfaite
elle est faite comme si elle était refaite
mais elle est pas refaite

partisan
(jensen)

Je ne suis pas partisan
je n’écoute que le murmure du vent
je suis libre
je ne suis d’aucune école
et je ne joue aucun rôle
je suis libre
je n’ai ni dieu ni idole
je ne vends pas ma parole
je suis libre
c’est moi qui choisis mes chaînes
puisqu’on en a tous qui traînent
je suis libre
si je veux dire quelque chose
je peux le dire en rimes ou en prose
je suis libre
si tu viens dire le contraire
moi je te laisserai faire
tu es libre
je suis libre
entre l’être et le paraître
je préfère disparaître
je suis libre
je ne mène pas la danse
chacun danse la danse qu’il veut
le pouvoir c’est, sans offense,
aux vieux cons qu’il va le mieux
je suis libre
je peux comme ça sans raison
brûler toute ma création
si on me donne un marteau
je peux faire une maison ou un bateau
je suis libre
je suis libre
si j’étais dans la nature
je trouverais ma nourriture
je suis libre
tout mon temps je me le donne
je ne le vends à personne
je suis libre
Je ne suis pas partisan
je n’écoute que le murmure du vent
je suis libre
je ne suis d’aucune école
et je ne joue aucun rôle
je suis libre

je ne suis pas partisan
je suis libre

Pauvres riches
(jensen)

Y a des bruits qui circulent
Ridicules
Fascicules
Fascisants
De la pub culturelle
Du cul
De la poubelle
Qui sera la plus belle ?
Des regards pleins de beaux
Pleins de faux
Sentiments
Pour les marques
Se démarquer
C’est le mot d’ordre
Et l’ordre des mâles
Pour le pire
Et pour le pire
Pauvres riches
Pauvres riches

Uniformes
Formatés
Des slogans
Rassembleurs
Ressemblant
Aux appels de rassemblement
Sans discernement
Aux cris de guerre
Les tueries n’ont pas de frontières
Aux cris de guerre
Les tueries n’ont pas de frontières
Pas de papiers
Mais des formulaires
Des formules diplomatiques
La gymnastique des mots
Démunis, dilués
Dire
Que les mots manipulent
Combien de morts ?
Combien de corps ?
La faute à qui ?
La faute à quoi ?
La photo…
Pauvres riches
Pauvres riches

Et la faux
Qui tend les bras
C’est la mort
Qui gagne les guerres
Pas de mystère
Plus de terres mises
À feu
Et ceux qui misent
Là-dessus reconstruisent
Propriétaires opportunistes
Barbapapas
Poupées sans bras
Et brancardiers
Écraseurs patentés
Pauvres riches
Pauvres riches
Mais plus pauvres les pauvres pauvres

pélican
(jensen)

tu m’as dit je fous le camp
ta gueule de pélican
je peux plus la saquer tu me fais vraiment chier
c’est ça que tu m’as dit et puis t’as ajouté
que t’en as plus rien à faire
que ta vie c’est l’enfer
que je fais qu’empirer que tu ressembles à ta mère
que ça va pas s’arranger et que ça marchera jamais
moi j’ai rien dit du tout c’était pas la première fois
mais c’était la dernière je bougerai pas le petit doigt

tu m’as dit je fous le camp
et maintenant j’attends
que tu passes à l’action que tu claques la porte
en criant je te hais, je m’en vais, peu importe
mais tu ne bouges pas comme si tu sentais
cette fois c’est différent oui cette fois ça y est
cette fois c’est pour de bon
si tu prends l’escalier
tu le remonteras jamais
que pour quelques cartons

j’ai fini mon café
et je me suis levé
je t’ai pas regardé partir je t’ai pas supplié
t’aurais pourtant voulu mais je n’ai pas plié
j’ai fait mon automate
j’ai fait mon cœur de pierre
si je t’aimais encore j’aurais pas pu le faire
si tu m’aimais encore tu reviendrais en arrière
tu dirais quelque chose qu’on a dû oublier
et qu’un jour quelqu’un d’autre viendra nous rappeler

je dirais quelque chose qu’on a dû oublier
et qu’un jour quelqu’un d’autre viendra nous rappeler

plus personne
(jensen)

je ne suis pas quelqu’un de bien
mais toi tu ne vois rien ne vois rien
je te dis que j’ai le cœur noir
mais toi tu ne veux rien savoir
on ne se connaît qu’à peine
alors avant qu’on se fasse de la peine

je suis parti
tu m’as suivi
t’as profité de la nuit
pour te glisser dans mon lit

ne me dis pas que tu m’aimes
ou on aura un problème
moi je n’aime plus personne
et même si je t’aimais
jamais je ne le dirais
moi je n’aime plus personne
tu es partie en courant
je me suis dit il était temps
moi je n’aime plus personne
moi je n’aime plus personne

je ne suis pas quelqu’un de bien
mais toi tu ne voyais rien ne voyais rien
je t’ai dit que j’ai le cœur noir
mais toi tu ne voulais rien savoir
on ne se connaissait qu’à peine
alors avant qu’on se fasse de la peine

je suis parti
j’ai pas compris :
soudain mon cœur était pris
et quand je suis revenu par ici

tu m’as dit « de te revoir
je m’en fiche, il est trop tard
moi je n’aime plus personne »
j’ai failli te dire quand même
que c’est toi que mon cœur aime
mais tu n’aimais plus personne
à la place je me suis tu
et ma lèvre j’ai mordu
toi tu n’aimais plus personne
non tu n’aimais plus personne

je n’étais pas quelqu’un de bien
mais toi tu ne voyais rien voyais rien
je t’avais dit que j’avais le cœur noir
mais tu ne voulais rien savoir
tu dis qu’on ne se connaît qu’à peine
alors avant qu’on se fasse de la peine

tu es partie
je t’ai suivi
j’ai profité de la nuit
pour me glisser dans ton lit

PLUS UN RADIS
(jensen)

J’ai plus un radis
Pas d’quoi en faire une salade
Je serais radin
Avec des dollars plein les mains

Est-ce l’argent
Qui rend
Les gens
Radins
Est-ce les gens
Radins
Qui rendent
L’argent
Mesquin
Non non non
Les gens radins
Ne rendent rien

J’ai plus d’oseille
Pas d’quoi en aire tout un plat
Mais si j’en avais
Sûr que t’en profiterais jamais

Est-ce l’argent
Qui rend
Les gens
Chrétiens
Est-ce les gens
Chrétiens
Qui rendent
L’argent
Divin
Non non non
Les Jean Chrétien
Ne rendent rien…

J’ai plus une galette
Pas d’quoi en faire tout un fromage
Mais si la fortune
Me souriait j’emmerderais la lune

Est-ce l’argent
Qui rend
Les gens
Humains
Est-ce le genre
Humain
Qui rend
L’argent
Souverain
Non non non
Le genre humain
Ne rendra rien

POUR LA PEINE
(jensen)

ON S’EST RENCONTRÉ POUR 150
ON A MANGÉ POUR UNE FORTUNE
ON A BU POUR UN RÉGIMENT
ON A DANSÉ POUR 10 DOLLARS
ON A COUCHÉ POUR TROIS FOIS
ON A COUCHÉ POUR TROIS FOIS
ON A COUCHÉ POUR TROIS FOIS RIEN

NOUS NOUS SOMMES MARIÉS

ON A VOYAGÉ POUR CHANGER
JE T’AI OFFERT DES FLEURS POUR 500
JE ME SUIS VÊTU POUR 5000
TU T’ES DÉVÊTUE POUR QUE DALLE

NOUS NOUS SOMMES VENDUS

QUI DOIT N’A RIEN À SOI QUI DOIT N’A RIEN

J’AI TRAVAILLÉ POUR DES CLOUS
T’AS MAGASINÉ POUR UN OEIL
J’AI MENTI POUR DE VRAI
TU AS TRAHI POUR DU BEURRE

NOUS NOUS SOMMES RACHETÉS

TU T’ES VÊTUE POUR PRESQUE RIEN
JE M’SUIS DÉVÊTU POUR L’HONNEUR
ON S’EST FAIT RAJEUNIR POUR FAIRE MINE
ON S’EST FAIT PRENDRE POUR DES ENFANTS

NOUS AVONS JOUÉ

ON A PERDU POUR LA LEÇON
ON A DIVORCÉ POUR DES PRUNES
JE ME SUIS TUÉ POUR LA VIE
ET TU T’ES TUE POUR PAS CHANGER

QUI DOIT N’A RIEN À SOI QUI DOIT N’A RIEN

JE M’SUIS FAIT ENTERRER POUR DU VENT
TU AS PLEURÉ POUR LA PEINE

Presque rien
(jensen)

un peu de vin un banc d’ardoise
un peu de pluie sous la lune grise
un peu de sel entre nos langues
l’esprit qui tangue comme une gondole à Venise
et presque rien presque rien
presque presque rien
c’est presque rien

un peu d’écho d’une musique
la fête ne s’est pas éteint
et nos doigts courent sur nos membres
comme des araignées des bêtes affolées
et presque rien presque rien
presque presque rien
c’est presque rien

un peu de froid contre le dos
la chair de poule entre le linge et la peau
et du défi pour pas se donner
sans résistance sans même combattre ou sans aimer
et presque rien presque rien
presque presque rien
c’est presque rien

un peu de chair un peu d’instinct
un peu de vertige enfantin
un peu de feu à l’intérieur
un peu de miel un peu de peur et d’abandon
et presque rien presque rien
presque presque rien
c’est presque rien

et nous nous sommes jamais revus
et nous nous sommes jamais revus

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– Q –
Quelqu’un d’autre
(jensen)

je n’ai pas pu connaître tous ceux que j’ai croisés
et il y a des rencontres dont je me serais passé
c’est le genre de choses assez réciproques
on est toujours le con de quelqu’un d’autre
on est toujours le con de quelqu’un d’autre

comme tout le monde je me dis que je me suis trompé d’époque
j’aurais dû naître ailleurs à un autre moment
mais c’est ne pas s’assumer et rejeter les fautes
sur un dieu caché dans le firmament

je ne crois rien de tout ça et la conscience existe
sans nul besoin d’Allah de Jésus de Shiva
tous les sommets font naître des alpinistes
dans les creux des vallées où la vie se débat

je ne suis sûr de rien et c’est peut-être la chose
qui me rend le plus humain quoi qu’en disent les croyants
faut vivre et laisser vivre c’est là la seule cause
l’indispensable mère aux innombrables enfants

nous n’avons qu’un instant pour danser dans le monde
pour nous imprimer dans la rétine du destin
le mouvement est le moule de chaque seconde
chacun reste immobile au bout de son chemin

chaque fois que je m’endors je finis par me réveiller
ça ne veut sûrement pas dire que je rêve pour rien
je finis par m’endormir au bout de chaque journée
pas certain mais je crois que ces deux vies se valent bien
pas certain mais je crois que ces deux vies se valent bien

et l’amour ah l’amour je ne peux rien en dire
la fille que j’ai aimée est partie c’est comme ça
et l’amour ah l’amour il n’y a rien à en dire
la fille que j’ai aimée est partie et voilà…

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– R –
Rien en dessous
(jensen)

je suis allé à la Mecque en limousine
j’ai rencontré le pape j’ai soulevé sa pèlerine
il n’y avait rien en dessous
il n’y avait rien en dessous
le ramadan, le saint-esprit
la Thora ne m’a rien appris

j’ai joué au poker dans la cité interdite
j’ai rencontré Mao j’ai soulevé son paletot
il n’y avait rien en dessous
il n’y avait rien en dessous
la lutte des classes, le cul du Qi
le Capital ne m’a rien appris

je suis allé dire ce que je pensais à Athènes
j’ai rencontré Descartes j’ai soulevé sa bedaine
il n’y avait rien en dessous
il n’y avait rien en dessous
la vérité n’est qu’une rêverie
les Pensées ne m’ont rien appris

j’ai fait une orgie romaine chez les dieux de l’olympe
j’ai rencontré Vénus j’ai soulevé ses limbes
il n’y avait rien en dessous
il n’y avait rien en dessous
l’amour est mort, le cul aussi
le Kamasutra ne m’a rien appris

je sais pas comment je me suis retrouvé au paradis
j’ai rencontré Dieu j’ai soulevé son nombril
il n’y avait rien en dessous
il n’y avait rien en dessous
la Création c’est pas ici
la Vie ne m’a rien appris

amenez amenez tous les doutes du monde
tout se construit sur des décombres
amenez les délices de la volupté
tout se vit en une seconde

Rien n’est acquis
(jensen)

Combien de galaxies
Se mettront entre nous ?
Combien de mondes
D’univers parallèles ?

Je sais
Il suffit d’un p’tit con
D’un pauv’ mec
Tu peux partir aussi sec !
Rien n’est acquis
À qui la faute

Combien de métros
Se mettront entre nous ?
Combien de bains de minuit ?
Combien de nuits à la belle étoile ?

Je sais
Il suffit d’une rencontre
Dans un autobus
Il suffit d’un pauv’ gus
Rien n’est acquis
À qui la faute

Combien de scrupules
Se mettront entre nous
Combien de questions
Philosophico-judéo-psycho-pneumatiques

Je sais
Il suffit d’un chic type
À l’aise
Il suffit d’un sportif
Rien n’est acquis
À qui la faute

Combien de hasards
Se mettront entre nous ?
Combien de destins
Nous dévieront du nôtre ?
Combien d’astronautes
Seuls dans le mystère ?
Combien d’univers
Seuls dans les confins ?
Rien n’est acquis
À qui la faute

Rions
(jensen)

Rions rions rions

J’ai ri chaque fois qu’on m’a fait rigoler
J’ai ri tellement qu’un jour j’en mourirai
J’ai ri en jouant quand j’étais gamin
J’ai ri avec un fusil à la main
J’ai ri quand les tours se sont écroulées
J’ai ri et je m’en suis voulu après
J’ai ri en songeant au monde idéal
J’ai pas ri toujours sans penser à mal

J’ai pleuré de rire
J’ai ri à en pleurer
Si le rire est le propre de l’homme
Rions rions rions pour nous refaire une beauté

J’ai ri et j’ai fait rire de moi aussi
J’ai ri sans savoir ni pourquoi ni avec qui
J’ai ri en voyant qu’rien n’avait de sens
J’ai ri en comprenant l’sens de la vie
J’ai ri en faisant des farces stupides
J’ai ri en cassant des œufs sur les gens
J’ai ri en me disant qu’il y avait pire
J’ai ri et c’était pas l’juste pour rire
J’ai ri en amassant du capital
J’ai pas ri toujours sans penser à mal
J’ai pas ri toujours
Sans penser à mal

J’ai pleuré de rire
J’ai ri à en pleurer
Si le rire est le propre de l’homme
Rions rions rions pour nous refaire une beauté

Parfois je prête à rire
Mais c’est sans intérêt
Rira bien
Qui mourira le dernier

J’ai ri et d’autres riront après moi
J’ai ri plus souvent que le pape du moins je crois
J’ai ri et j’ai vu que j’aurais pas dû
J’ai ri en me sentant comme un trou du quoi?
J’ai ri bien bas quand on m’a pris de haut
J’ai ri juste assez, juste c’qu’il faut
J’ai ri des uns des autres, c’est normal
J’ai pas ri toujours sans penser à mal

J’ai pleuré de rire
J’ai ri à en pleurer
Si le rire est le propre de l’homme
Rions rions rions pour nous refaire une beauté

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– S –
Saïda
(jensen)

(algérie)
Saïda
Bou Saada
Aïn Sefra
El Oued Wargla

(maroc)
Safi
Ksar-el-Kébir
Oujda Asni
Fès Agadir

(tunisie)
Sousse Kebili
Teboursouk
El Djem Douz Tataouine
Sidi Bouzid
Medinine
Djerba

(turquie)
Istanbul

(égypte)
Sihoua
Mut El Kharga
Mansourah Tantah
Port-Saïd

(syrie)
Salamiyya
Al Bab Hama
Abou Kemal
Al Thawra

Sousse Kebili
Teboursouk
El Djem Douz Tataouine
Silianah
Medinine
Djerba
Istanbul

(liban)
Saïda
Sour Hasbaya
Akkar Djezzin
Et Baabda

(libye)
Sebha
Beida Tobrouk
Ghat Benghazi
Koufra Moursouk

Sousse Kebili
Teboursouk
El Djem Douz Tataouine
Silianah
Medinine
Djerba
Istanbul

Sampa
Caetano Veloso

Alguma coisa acontece no meu coração
Que só quando cruza a Ipiranga e Av. São João
É que quando eu cheguei por aqui eu nada entendi
Da dura poesia concreta de tuas esquinas
Da deselegância discreta de tuas meninas
Ainda não havia para mim Rita Lee
A tua mais completa tradução
Alguma coisa acontece no meu coração
Que só quando cruza a Ipiranga e avenida São João

Quando eu te encarei frente a frente e não vi o meu rosto
Chamei de mau gosto o que vi, de mau gosto, mau gosto
É que Narciso acha feio o que não é espelho
E à mente apavora o que ainda não é mesmo velho
Nada do que não era antes quando não somos mutantes
E foste um difícil começo
Afasto o que não conheço
E quem vem de outro sonho feliz de cidade
Aprende depressa a chamar-te de realidade
Porque és o avesso do avesso do avesso do avesso

Do povo oprimido nas filas, nas vilas, favelas
Da força da grana que ergue e destrói coisas belas
Da feia fumaça que sobe, apagando as estrelas
Eu vejo surgir teus poetas de campos, espaços
Tuas oficinas de florestas, teus deuses da chuva
Pan-Américas de Áfricas utópicas, túmulo do samba
Mas possível novo quilombo de Zumbi
E os Novos Baianos passeiam na tua garoa
E novos baianos te podem curtir numa boa

sampa
caetano veloso

il se passe quelque chose dans mon cœur
seulement quand il croise la rue Ipiranga et l’avenue São João
c’est que quand je suis arrivé par ici je n’ai rien compris
de la dure poésie concrète de tes coins de rue
de l’inélégance discrète de tes jeunes-filles
il n’y avait pas encore pour moi Rita Lee
ta traduction la plus complète
il se passe quelque chose dans mon cœur
seulement lorsqu’il croise la rue Ipiranga et l’avenue São João

quand je t’ai rencontrée face à face et que je n’ai pas vu mon visage
j’ai traité de mauvais goût ce que j’ai vu, de mauvais goût le mauvais goût
c’est que Narcisse trouve laid ce qui n’est pas son miroir
et l’esprit a peur de ce qui n’est pas déjà ancien
rien de ce qui n’a pas déjà été quand nous ne sommes pas mutants
et le début a été difficile
j’éloigne ce que je ne connais pas
et celui qui vient d’un rêve de ville heureuse
apprend vite à t’appeler réalité
parce que tu es l’envers de l’envers de l’envers de l’envers

du peuple opprimé dans les queues, dans les villes, les favelas
de la force du pognon qui construit et détruit de belles choses
de la laide fumée qui monte, éteignant les étoiles
je vois surgir tes poètes de champs et d’espaces
tes bureaux de forêts, tes dieux de la pluie
Pan-Amérique d’Afrique utopique, tombeau du samba
mais possible nouvelle demeure de Zumbi
et les Novos Baianos se promènent dans ta bruine
et de nouveaux bahianais peuvent te draguer sans souci

São Salvador
(jensen)

Todas as noites eu posso ouvir
os cantos
de são salvador
O mar violento move-se no vento
dos cantos
de são salvador
Não tinha nada mas todo estava
nos cantos
de são salvador

A capoeira chegou
e quem mandava já não mandou
A capoeira chegou
e o que faltava já não faltou
A capoeira chegou
e quem chorava já não chorou

Olha o menino branco
Olha o menino preto
Todos vão pro inferno
Chegou

Olha o menino feio
Olha o menino lindo
Todos vão pro inferno
Chegou

Shangri
(jensen/abadi/saboga/biehler)

Hay que aguantar
Que nos meen encima
Que nos pasen por harina
Y nos pongan a freír
Hay que aguantar
Que nos rompan los huevos
Y nos sigan diciendo
Que hay que sonreír
Si no se aguanta
Adonde va a parar
Dame una planta
Que la quiero regar

Hay que aguantar
Un poco de pimienta
Un asalto nacional
Y nada va tan mal
Hay que aguantar
Que contra cacerolas
Se vengan con pistolas
Se acabe el carnaval
Si no se aguanta
Adonde va a parar
Dame una planta
Que la quiero podar

No te inquietes
Amor mío
Podés dormir tranquilo

Hay que aguantar
Que nos corten en tajadas
Y que no quede nada
De nuestra integridad
Hay que aguantar
Que nos amasen hasta
Poder hacer la pasta
Rellena con deudas
Si no se aguanta
Adonde va a parar
Dame una planta
Que la quiero fumar

No te inquietes
Amor mío
Podés dormir tranquilo

Si no se aguanta
Adonde va a parar
Dame una planta
Que la quiero fumar

si no se aguanta…

No te inquietes
Amor mío
Podés dormir tranquilo

Spector
(jensen/abadi/saboga/biehler)

Tem um momento em que tudo esta tenso em que tudo esta manso em que tudo está certo em que tudo tem tempo de se tornar real
Tem um instante pode ser delirante pode ser inspirante em que todos os amantes e os amores errantes sem que o sol se levante vêm o mudo real
E se não dá
E se não dá

Fico atono
Fico tonto
Fico preto
Fecho a casa
Mudo o cuarto
Fico nú

Vou pra rúa
A rúa túa
Fica núa
Na mistura
Das culturas
Fico nú

Pego a foto
Faço o louco
Cai o coco
No seu oco
Tudo troco
Fico nú

Mato a fome
Como honey
Touco money
Acho funny
O telefone
Fico nú

Eu não vejo
Quem tem razão

Tem o presente que sempre é um presente que não pensa não mente não tem nada na mente mas é o real

Pego um copo
Falo um pouco
Fico groggy
Sinto groove
Falo mummy
Fico nú

Vou pra rua
A rua tua
Fica nua
Na mistura
Das culturas
Fico nú

Tem um momento em que tudo esta tenso em que tudo esta manso em que tudo está certo em que tudo tem tempo de se tornar real
E se não dá
E se não dá

Pego a foto
Faço o louco
Cai o coco
No seu oco
Tudo troco
Fico nú

Faço tudo
Faço o mudo
Faço o morto
Faço o torto
Faço a conta
Fico nú

ád oãn es e
E se não dá

Eu não vejo
Quem tem razão
Eu não vejo
Quem tem razão

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– T –
Tu t’en vas
(jensen)

autrement dit
tu changes de lit
tu t’en vas

je ne peux pas croire
que c’est la fin de notre histoire
déjà

si la vie nous perd
je prendrai au cimetière
une place pour toi
à côté de la mienne
pour pas qu’on aie de peine
dans l’au-delà
mais si la vie nous gagne
tu seras sa compagne
et elle guidera mes pas
va où tu dois aller
si je me laisse éclairer
ton absence brillera

mais c’est fini
tu changes de lit
tu t’en vas

tu m’as pris de court
mon amour
j’en reste coi

je sais pas ce que je vais faire
un détour en enfer
tout y ressemble sans toi
pour moi le paradis
c’était pas un pays
dans l’au-delà

mais c’est fini
tu changes de lit
tu t’en vas

je boirai du vin
je verrai mes copains
ça ira

reviens-moi quand tu voudras
je laisserai une porte ouverte au cas où tu passerais par là

autrement dit
tu changes de lit
tu t’en vas

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– U –
Un seul à la fois
(jensen)

À contrecœur
Je dirai un mensonge
Pour pas chanter
Que ton souv’nir me ronge

Je n’ai pas voulu
Plonger dans ton cœur
Plonger dans tes yeux
Je m’en vais, je m’en veux

Je ne me souviens pas
La couleur de ta robe
Ni le parfum de miel
Que tous les rois du monde
Souhaiteraient posséder
Même s’ils devaient faire
Égorger leurs servantes
Abandonner leur dame
Et jeter dans les flammes
Leur couronne dorée

Je n’sais rien de ta vie
Parmi les bohémiens
Mais j’aimerais cette nuit
Que tes rêves soient miens

Je n’sais rien d’tes amours
De tes amants fidèles
De la corde à mon cou
Que tu traînes, que tu traînes

Je n’sais rien de ta mort
De ton triste linceul
Je peux juste espérer
Que tu m’laisseras pas seul

S’il y a un dieu au ciel
Ou un diable sous terre
Dis-leur que tu es celle
Pour laquelle je m’enterre

Je ne me souviens pas
La couleur de ta robe
Ni le parfum de miel
Que tous les rois du monde
Souhaiteraient posséder
Même s’ils devaient faire
Égorger leurs servantes
Abandonner leur dame
Et jeter dans les flammes
Leur couronne dorée

Quand je serai rendu
Là-haut je passerai
Ma deuxième existence
À te chercher

Alors si pas malheur
Je ne te trouve pas
Nous serons deux mon cœur
Mais un seul à la fois

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– V –
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– W –
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– X –
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– Y –
… Y el papá Noël
(jensen/jensen-venba)

Nagasaki
Hiroshima
Jerusalem
Verdun
Nueva York
Pristina
San Petersburg
Berlin Berlin
Todo llega a su fin

… Y el papá noël

Margaret Tatcher
Goebbels
William Clinton
Pinochet
Videla
Jorge Bush
Suharto
Mobutú
Stalín Stalín
Todo llega a su fin

… Y el papá noël

Una bomba
Un revolver
Un cuchillo
Un puñal
Una espada
Un gas
Una cárcel un poder una bandera un submarino un general un almacén un halambre un fanatismo una pared una tele un tanque una coca un soldado Tchernobil
Un chupetín un chupetín
Todo llega a su fin

… Y el papá noël

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– Z –
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